Apos­ta­sie

La photo montre un père tenant la main de son jeune enfant, illustrant leur relation mutuelle, fondée sur l'amour et la confiance. Cette relation perdure si les deux partenaires continuent de s'aimer.

1 Consé­quences de l’en­sei­gne­ment « Une fois sau­vé, tou­jours sauvé »

« Une fois sau­vé, tou­jours sau­vé » — un ensei­gne­ment qui est de plus en plus cou­rant de nos jours mal­gré de nom­breux pas­sages clairs du Nou­veau Tes­ta­ment qui enseignent au contraire qu’il est pos­sible pour un chré­tien de se détour­ner de Dieu.

Cette ques­tion a de pro­fondes impli­ca­tions pour de nom­breuses ques­tions de la vie chré­tienne, pour l’en­sei­gne­ment sur Dieu, sur l’homme et sur le salut. Nous vou­lons exa­mi­ner ce sujet et expli­quer pour­quoi le fait de nier la pos­si­bi­li­té de l’a­po­sta­sie n’est pas conforme à la bonne doc­trine. Le déni de l’a­po­sta­sie remet fon­da­men­ta­le­ment en ques­tion l’a­mour de Dieu ain­si que la liber­té et la nature de l’homme qui est créé à la res­sem­blance de Dieu. Il fait igno­rer la gra­vi­té du péché et l’im­por­tance de la lutte contre le péché et fait perdre le res­pect de la grâce et de la sain­te­té de Dieu, ce qui nous conduit à la repen­tance et à la sanc­ti­fi­ca­tion. Il est donc vital pour chaque chré­tien de faire l’ef­fort de trou­ver une réponse claire à cette question.

En outre, notre objec­tif est de mon­trer que l’a­po­sta­sie ne se pro­duit pas seule­ment lors­qu’une per­sonne renonce ouver­te­ment et consciem­ment à la foi en Dieu, mais qu’elle est aus­si le résul­tat d’un péché per­sis­tant et de longue durée. Nous espé­rons que cet article ren­for­ce­ra les gens dans la véri­té et les met­tra en garde contre cet ensei­gne­ment faux et décevant.

Pre­nez garde, frères, que quel­qu’un de vous n’ait un cœur mau­vais et incré­dule, au point de se détour­ner du Dieu vivant. (Hébreux 3:12)

2 Notre rela­tion avec Dieu

Le Dieu vivant veut une rela­tion vivante avec nous. Il nous a créés à son image : en tant que per­sonnes libres et en repré­sen­tant son propre être. Agis­sant tou­jours en accord avec l’a­mour, qui est l’es­sence même de sa nature, Dieu ne nous traite pas comme des marion­nettes mais il res­pecte nos déci­sions, il accepte qu’elles aient un impact sur nous et qu’elles entraînent des conséquences.

Une rela­tion vivante ne peut se déve­lop­per que sur la base d’une déci­sion libre. Pour­tant, tout comme nous pou­vons déci­der libre­ment de vivre avec Dieu, nous pou­vons aus­si déci­der de nous détour­ner de lui. Le Nou­veau Tes­ta­ment parle clai­re­ment du dan­ger de perdre la grande grâce du salut par la ruse du péché et de se retrou­ver fina­le­ment dans l’a­veu­gle­ment et l’obscurité.

Ain­si, nous com­pre­nons l’a­po­sta­sie comme la perte, ou le rejet, de la rela­tion avec Dieu.

3 Que dit le Nou­veau Testament ?

3.1 L’i­mage de la vigne

Je suis le vrai cep, et mon Père est le vigne­ron. Tout sar­ment qui est en moi et qui ne porte pas de fruit, il le retranche; et tout sar­ment qui porte du fruit, il l’é­monde, afin qu’il porte encore plus de fruit. Déjà vous êtes purs, à cause de la parole que je vous ai annon­cée. Demeu­rez en moi, et je demeu­re­rai en vous. Comme le sar­ment ne peut de lui-même por­ter du fruit, s’il ne demeure atta­ché au cep, ain­si vous ne le pou­vez non plus, si vous ne demeu­rez en moi. Je suis le cep, vous êtes les sar­ments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beau­coup de fruit, car sans moi vous ne pou­vez rien faire. Si quel­qu’un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors, comme le sar­ment, et il sèche; puis on ramasse les sar­ments, on les jette au feu, et ils brûlent. (Jean 15:1–6)

Toute sar­ment qui ne porte pas de fruits sera cou­pé et brû­lé dans le feu. Un sar­ment ne peut por­ter de fruits que s’il reste dans la vigne, en étant un avec elle. Un sar­ment a un lien vivant avec la vigne. Jésus a par­lé des per­sonnes qui ont une rela­tion avec lui. Celui qui ne reste pas dans la rela­tion avec lui devient infruc­tueux et, au sens figu­ré, sera cou­pé et brûlé.

Les paroles de Jésus montrent ici clai­re­ment qu’il est pos­sible de perdre la rela­tion avec lui.…

3.2 La lettre aux Hébreux

Car il est impos­sible que ceux qui ont été une fois éclai­rés, qui ont goû­té le don céleste, qui ont eu part au Saint Esprit, qui ont goû­té la bonne parole de Dieu et les puis­sances du siècle à venir, et qui sont tom­bés, soient encore renou­ve­lés et ame­nés à la repen­tance, puis­qu’ils cru­ci­fient pour leur part le Fils de Dieu et l’ex­posent à l’i­gno­mi­nie. Lors­qu’une terre est abreu­vée par la pluie qui tombe sou­vent sur elle, et qu’elle pro­duit une herbe utile à ceux pour qui elle est culti­vée, elle par­ti­cipe à la béné­dic­tion de Dieu; mais, si elle pro­duit des épines et des char­dons, elle est réprou­vée et près d’être mau­dite, et on finit par y mettre le feu. (Hébreux 6:4–8)

Lorsque des per­sonnes qui se sont repen­ties, qui ont été éclai­rées et qui ont eu part au Saint-Esprit, retombent dans une vie de péché, elles clouent le Fils de Dieu — au sens figu­ré — sur la croix et l’ex­posent à la moque­rie. De telles per­sonnes nient la puis­sance du salut en Jésus parce que le salut conduit les croyants à la liber­té du péché. Elles ne peuvent plus se repen­tir de l’en­dur­cis­se­ment et de l’a­veu­gle­ment qu’elles ont choi­si de leur propre volonté.

Ce n’est que lorsque quel­qu’un s’est repen­ti que l’on peut dire de lui qu’il « a eu part au Saint Esprit ». En outre, l’ex­pres­sion « les res­tau­rer dans la repen­tance » pré­sup­pose sans ambi­guï­té que cette per­sonne s’est déjà repen­tie une fois aupa­ra­vant et est ain­si deve­nue un chrétien.

Il en va de même pour l’ex­pres­sion « cru­ci­fier à nou­veau le Fils de Dieu », puis­qu’elle implique que la per­sonne en ques­tion avait déjà reçu les béné­fices de l’acte de salut de Jésus.

« Goû­ter au don céleste » ici ne signi­fie pas seule­ment l’es­sayer (ne pas man­ger) comme quelque chose de nou­veau et géné­ra­le­ment étran­ger, comme on l’in­ter­prète par­fois. Dans le texte grec d’Hébreux 2:9, il est dit que Jésus a « goû­té » la mort. Per­sonne ne pré­ten­dra que cela signi­fie qu’il n’est pas vrai­ment mort.

Car, si nous péchons volon­tai­re­ment après avoir reçu la connais­sance de la véri­té, il ne reste plus de sacri­fice pour les péchés, mais une attente ter­rible du juge­ment et l’ar­deur d’un feu qui dévo­re­ra les rebelles. Celui qui a vio­lé la loi de Moïse meurt sans misé­ri­corde, sur la dépo­si­tion de deux ou de trois témoins; de quel pire châ­ti­ment pen­sez-vous que sera jugé digne celui qui aura fou­lé aux pieds le Fils de Dieu, qui aura tenu pour pro­fane le sang de l’al­liance, par lequel il a été sanc­ti­fié, et qui aura outra­gé l’Es­prit de la grâce ? Car nous connais­sons celui qui a dit: A moi la ven­geance, à moi la rétri­bu­tion ! et encore: Le Sei­gneur juge­ra son peuple. C’est une chose ter­rible que de tom­ber entre les mains du Dieu vivant. (Hébreux 10:26–31)

Ces ver­sets parlent à nou­veau de per­sonnes qui ont « reçu la connais­sance de la véri­té », l’au­teur se consi­dé­rant éga­le­ment comme l’un d’entre eux. Dans le Nou­veau Tes­ta­ment, rece­voir la connais­sance de la véri­té est une façon de dire qu’une per­sonne devient un chré­tien. Une « attente de juge­ment, et une fureur de feu qui consu­me­ra les adver­saires » ne peut se réfé­rer qu’à des per­sonnes qui sont éter­nel­le­ment sépa­rées de Dieu. L’ex­pres­sion : « il ne reste plus de sacri­fice pour les péchés » laisse entendre que le sacri­fice de Jésus avait déjà été accep­té par cette per­sonne, ce qui s’ex­prime éga­le­ment par le fait qu’elle a été sanc­ti­fiée par le sang de l’alliance.

Selon ce pas­sage, une per­sonne peut perdre son salut par un péché volon­taire, c’est-à-dire conscient et conti­nu. Ce n’est pas néces­sai­re­ment que le renon­ce­ment conscient à sa foi en Jésus comme son Sau­veur qui fait tom­ber un chré­tien. Même le fait de retom­ber pro­gres­si­ve­ment dans le péché peut conduire à l’a­po­sta­sie. L’é­tat final de cette per­sonne est pire que l’é­tat de quel­qu’un qui n’est jamais deve­nu chrétien.

3.3 Hébreux 3:12

Le ver­set cité au début de cet article exhorte les lec­teurs à veiller sur leurs frères et sœurs en Christ afin que per­sonne n’ait un cœur qui les pousse à « s’é­loi­gner du Dieu vivant ». Ici, ain­si que dans d’autres pas­sages, nous pou­vons voir qu’il existe un lien étroit entre l’a­po­sta­sie et un manque d’en­ga­ge­ment et de res­pon­sa­bi­li­té des croyants les uns envers les autres, un manque d’a­mour fraternel.

De temps en temps, les gens sou­lèvent l’ob­jec­tion que les pas­sages men­tion­nés ci-des­sus ne font pas réfé­rence aux chré­tiens. Cepen­dant, la lettre dans son ensemble, et les pas­sages que nous avons exa­mi­nés en par­ti­cu­lier, parlent de et aux frères dans la foi.

Nous dési­rons que cha­cun de vous montre le même zèle pour conser­ver jus­qu’à la fin une pleine espé­rance, en sorte que vous ne vous relâ­chiez point, et que vous imi­tiez ceux qui, par la foi et la per­sé­vé­rance, héritent des pro­messes. (Hébreux 6:11–12)

Cela montre que les per­sonnes aux­quelles cette lettre est adres­sée ne se tiennent pas devant la déci­sion de pas­ser de simples ado­ra­teurs des lèvres à deve­nir chré­tiens, mais qu’elles sont encou­ra­gées à endu­rer jus­qu’au bout, en veillant à ne pas deve­nir pares­seux sur la bonne voie dans laquelle ils avaient déjà commencé.

L’au­teur de cette lettre s’a­dresse à ses lec­teurs comme à des frères quand il les aver­tit. Il a vu que cer­tains d’entre eux étaient assez faibles dans la foi, mais il les a néan­moins consi­dé­rés comme des chré­tiens. Les aver­tis­se­ments nous montrent qu’ils étaient en dan­ger de négli­ger la com­mu­nion fra­ter­nelle et d’être à nou­veau pié­gés et endur­cis par le péché. En tant que jadis Juifs (d’où le titre de la lettre « Hébreux »), ils se sen­taient atti­rés par le culte du temple dans lequel ils avaient été autre­fois enga­gés. Ils avaient oublié la puri­fi­ca­tion dont ils ont fait l’ex­pé­rience à cause de leur tié­deur et de leur peur de la souf­france (Hébreux 10:23–39)

C’est pour­quoi il n’est pas du tout pos­sible de déduire de la situa­tion très spé­ci­fique décrite dans cette lettre que les des­ti­na­taires n’é­taient pas des chrétiens.

En outre, la dis­tinc­tion sub­tile entre les « simples ado­ra­teurs des lèvres » et les chré­tiens ne se retrouve pas ici, ni dans le reste du Nou­veau Testament.

3.4 Apos­ta­sie et faux enseignements

Vous êtes sépa­rés de Christ, vous tous qui cher­chez la jus­ti­fi­ca­tion dans la loi; vous êtes déchus de la grâce. (Galates 5:4)

Dans le Nou­veau Tes­ta­ment, la mise en garde contre l’a­po­sta­sie est for­te­ment liée à l’ap­pel à pré­ser­ver le bon ensei­gne­ment, dont la lettre aux Galates est un bon exemple. Au début de sa lettre, Paul exprime qu’il est très inquiet au sujet des Galates parce qu’ils se sont lais­sé entraî­ner si faci­le­ment vers « un autre évan­gile » (Galates 1:6–9). Le contexte de la lettre per­met de voir qui étaient les trom­peurs : Les Juifs qui insis­taient pour que ceux d’entre les Gen­tils qui se tour­naient vers le chris­tia­nisme observent la loi de Moïse afin de plaire à Dieu.

Pour Paul, il était évident que se détour­ner du Christ, d’une vie vivante et diri­gée par l’es­prit, pour se tour­ner vers des rituels for­ma­listes, signi­fie « s’é­loi­gner de la grâce ». Dans la mesure où le salut est don­né par la grâce de Dieu, tom­ber de la grâce signi­fie la perte du salut, c’est-à-dire apostasie.

Dans Galates 4:11, Paul exprime son inquié­tude et son appré­hen­sion à pro­pos des Galates, s’il n’a­vait pas tra­vaillé sur eux en vain. Si l’a­po­sta­sie était en tout cas impos­sible, une telle inquié­tude serait com­plè­te­ment déplacée.

Mais l’Es­prit dit expres­sé­ment que, dans les der­niers temps, quelques-uns aban­don­ne­ront la foi, pour s’at­ta­cher à des esprits séduc­teurs et à des doc­trines de démons,… (1 Timo­thée 4:1)

Comme le montre la lettre à Timo­thée, les jeunes chré­tiens ont été confron­tés à une héré­sie dan­ge­reuse. Une forme pré­coce de la Gnose (1 Timo­thée 6:20) avait déjà conduit cer­tains d’entre eux à s’é­loi­gner de leur foi, et ils ont fait nau­frage par rap­port à la foi — comme ce fut le cas avec Hymé­née et Phi­lète (1 Timo­thée 1:18–20, 2 Timo­thée 2:17).

La convoi­tise et toutes sortes de dési­rs ont éga­le­ment conduit cer­tains croyants à s’é­loi­gner de la foi (1 Timo­thée 6:6–10, 5:14–15).

3.5 Les lettres de Jean

Dans cer­tains cas, il se peut que cer­tains de ceux qui se sont détour­nés de la foi n’aient jamais été chré­tiens auparavant.

Jean écrit dans sa lettre au sujet d’hé­ré­sies gnos­tiques similaires :

Petits enfants, c’est la der­nière heure, et comme vous avez appris qu’un anté­christ vient, il y a main­te­nant plu­sieurs anté­christs: par là nous connais­sons que c’est la der­nière heure. Ils sont sor­tis du milieu de nous, mais ils n’é­taient pas des nôtres; car s’ils eussent été des nôtres, ils seraient demeu­rés avec nous, mais cela est arri­vé afin qu’il fût mani­feste que tous ne sont pas des nôtres. (1 Jean 2:18–19)

La conclu­sion de Jean selon laquelle les faux ensei­gnants n’ont jamais eu l’Es­prit Saint et n’ont donc jamais appar­te­nu à la com­mu­nau­té est ren­for­cée par l’i­dée qu’au­tre­ment ils seraient demeu­rés avec les chré­tiens. On pour­rait avoir l’im­pres­sion que Jean vou­lait expri­mer une cer­taine régu­la­ri­té, comme s’il essayait de dire que par la seule fidé­li­té on peut voir qui a été chré­tien et qui ne l’a pas été. Pour­tant, même l’ex­pres­sion « anté­christ » montre que les per­sonnes en ques­tion ont elles-mêmes pro­pa­gé des héré­sies et n’é­taient pas sim­ple­ment des croyants infi­dèles. Étant don­né que Jean (comme le montrent des pas­sages tels que le sui­vant) sup­pose clai­re­ment que la pos­si­bi­li­té de s’é­loi­gner de Dieu existe, on peut consi­dé­rer la situa­tion ci-des­sus comme un cas excep­tion­nel. En géné­ral, les gnos­tiques ont uti­li­sé de manière trom­peuse des termes et des expres­sions simi­laires à ceux du chris­tia­nisme, mais ils les ont rem­plis d’un conte­nu tota­le­ment dif­fé­rent. De ce fait, il aurait pu être dif­fi­cile pour les jeunes chré­tiens, qui n’é­taient pas encore assez fermes dans leur ensei­gne­ment, de voir à tra­vers eux. Il est fort pro­bable que ce soit la rai­son pour laquelle John vou­lait insis­ter sur ce point : ces per­sonnes ne s’é­taient jamais vrai­ment repenties.

Ain­si, les cir­cons­tances ici sont tota­le­ment dif­fé­rentes de celles du pas­sage suivant :

Si quel­qu’un voit son frère com­mettre un péché qui ne mène point à la mort, qu’il prie, et Dieu don­ne­ra la vie à ce frère, il la don­ne­ra à ceux qui com­mettent un péché qui ne mène point à la mort. Il y a un péché qui mène à la mort; ce n’est pas pour ce péché-là que je dis de prier. (1 Jean 5:16)

Jean sup­pose la pos­si­bi­li­té entre frères que quel­qu’un puisse com­mettre un « péché menant à la mort », ce qui signi­fie que la mort spi­ri­tuelle est le résul­tat de ce péché. Cer­tains oppo­sants per­sis­tants à l’a­po­sta­sie sup­posent que Jean n’a pas vou­lu par­ler de la mort spi­ri­tuelle mais de la mort phy­sique dans ce ver­set. Mais il est impos­sible que Jean devait intro­duire aux chré­tiens la véri­té qu’on ne peut pas prier pour les morts ! Si ce pas­sage ne parle pas de l’a­po­sta­sie, quel sens aurait-il sinon ?

Dieu accor­de­ra son par­don à toute per­sonne qui se repent de son péché, quelque soit sa sévé­ri­té. Si elles ne veulent pas se repen­tir, même la souf­france de la mort phy­sique ne va rien chan­ger à leur entêtement.

4 Mais celui qui per­sé­vère jus­qu’à la fin sera sauvé

En plus de ces ver­sets qui parlent direc­te­ment du dan­ger de s’é­loi­gner de Dieu, de nom­breux autres pas­sages du Nou­veau Tes­ta­ment exhortent les chré­tiens à conti­nuer à obéir à Dieu.

Le frère livre­ra son frère à la mort, et le père son enfant; les enfants se sou­lè­ve­ront contre leurs parents, et les feront mou­rir. Vous serez haïs de tous, à cause de mon nom; mais celui qui per­sé­vé­re­ra jus­qu’à la fin sera sau­vé. (Mat­thieu 10:21–22)

D’autres pas­sages qui expriment la même chose sont : 1 Corin­thiens 15:1–2 ; Colos­siens 1:21–23 ; Hébreux 10:35–39.

Cer­taines per­sonnes pensent que les pas­sages sur l’a­po­sta­sie n’ex­priment qu’un aver­tis­se­ment sérieux, qui, s’il est igno­ré, n’au­ra pas de consé­quences, car après tout, Dieu ne puni­rait pas ceux qui retombent dans le péché.

Si l’a­po­sta­sie n’a pas de consé­quences finales, ou n’est pas pos­sible du tout, pour­quoi alors tant de textes bibliques insistent-ils sur l’im­por­tance de per­sé­vé­rer jus­qu’au bout ? Dieu, qui est tou­jours ferme et vrai dans ce qu’il dit, n’au­rait pas besoin de menaces vides de sens pour ame­ner ses enfants à l’o­béis­sance ! Les édu­ca­teurs s’ac­cordent à dire que cette approche de l’é­du­ca­tion est inacceptable.

L’An­cien Tes­ta­ment montre aus­si clai­re­ment que Dieu ne compte pas les péchés pas­sés de quel­qu’un contre lui s’il se repent de son impié­té. D’autre part, la jus­tice de quel­qu’un ne peut pas l’ai­der s’il se détourne de la vérité.

Si le juste se détourne de sa jus­tice et com­met l’i­ni­qui­té, s’il imite toutes les abo­mi­na­tions du méchant, vivra-t-il ? Toute sa jus­tice sera oubliée, parce qu’il s’est livré à l’i­ni­qui­té et au péché; à cause de cela, il mour­ra. (Eze­kiel 18:24)

Pour­quoi y avait-il des puni­tions aus­si sévères dans l’An­cien Testament ?

Ne sont-elles pas des­ti­nées à nous apprendre à fuir le péché et à nous en abs­te­nir afin d’é­vi­ter ses consé­quences spi­ri­tuelles dévas­ta­trices, à savoir l’en­dur­cis­se­ment du cœur et la sépa­ra­tion d’a­vec Dieu.

5 Des pas­sages qui sont sou­vent uti­li­sés comme contre-argu­ments contre l’apostasie

Que dirons-nous donc à l’é­gard de ces choses ? Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? Lui, qui n’a point épar­gné son propre Fils, mais qui l’a livré pour nous tous, com­ment ne nous don­ne­ra-t-il pas aus­si toutes choses avec lui ? Qui accu­se­ra les élus de Dieu ? C’est Dieu qui jus­ti­fie ! Qui les condam­ne­ra ? Christ est mort; bien plus, il est res­sus­ci­té, il est à la droite de Dieu, et il inter­cède pour nous ! Qui nous sépa­re­ra de l’a­mour de Christ ? Sera-ce la tri­bu­la­tion, ou l’an­goisse, ou la per­sé­cu­tion, ou la faim, ou la nudi­té, ou le péril, ou l’é­pée ?  … Car j’ai l’as­su­rance que ni la mort ni la vie, ni les anges ni les domi­na­tions, ni les choses pré­sentes ni les choses à venir, ni les puis­sances, ni la hau­teur, ni la pro­fon­deur, ni aucune autre créa­ture ne pour­ra nous sépa­rer de l’a­mour de Dieu mani­fes­té en Jésus Christ notre Sei­gneur. (Romains 8:31–35; 38–39)

Ce pas­sage parle de la fidé­li­té de Dieu envers ses enfants. Lors­qu’un chré­tien reste fidèle à Dieu, aucun tiers, aucune puis­sance étran­gère, ni même la mort elle-même, ne peut les sépa­rer de Dieu.

C’est le plan de Dieu que chaque chré­tien reste ferme jus­qu’au bout, et il donne à cha­cun d’entre nous la force nécessaire.

Mais ce pas­sage ne vise pas à expli­quer ce qui se passe lorsque cette per­sonne n’est plus prête à lut­ter contre le péché et se sépare de Dieu. On ne peut pas s’at­tendre à ce qu’a­près chaque pro­messe, aus­si les condi­tions de sa réa­li­sa­tion soient mentionnées.

Dieu ne veut pas qu’un chré­tien soit per­du, bien sûr. Mais il n’i­gno­re­ra pas les déci­sions de libre arbitre qu’il nous a don­nées par amour, ce qui bien sûr ne limite en rien sa sou­ve­rai­ne­té absolue.

Selon 1 Timo­thée 2:4, Dieu veut que tous les hommes par­viennent à la connais­sance de la véri­té et soient ain­si sau­vés. Si c’est la volon­té de Dieu, pour­quoi cela ne peut pas se réa­li­ser ? Parce que la plu­part des gens ne veulent pas chan­ger de vie. De la même manière un chré­tien peut être per­du s’il ne veut plus vivre avec Dieu, c’est-à-dire s’il aime le péché plus que celui qui veut le sau­ver du péché. Pour­quoi une norme com­plè­te­ment dif­fé­rente devrait-elle s’ap­pli­quer à un chré­tien ? LUI n’ac­cepte pas la per­sonne — pas même la per­sonne conver­tie qui ne veut plus vivre selon sa conversion !

Mes bre­bis entendent ma voix; je les connais, et elles me suivent. Je leur donne la vie éter­nelle; et elles ne péri­ront jamais, et per­sonne ne les ravi­ra de ma main. (Jean 10:27–28)

Aus­si ce pas­sage parle de la fidé­li­té de Dieu. Le mot « voler de ma main » indique qu’il s’a­git d’une attaque venant de l’ex­té­rieur. Dieu nous gar­de­ra fidè­le­ment si nous Lui deman­dons de l’aide. Mais Jésus ne nous tien­dra pas dans sa main par la force, contre notre volon­té expri­mée par nos actes.

En lui vous aus­si, après avoir enten­du la parole de la véri­té, l’É­van­gile de votre salut, en lui vous avez cru et vous avez été scel­lés du Saint Esprit qui avait été pro­mis, lequel est un gage de notre héri­tage, pour la rédemp­tion de ceux que Dieu s’est acquis, à la louange de sa gloire. (Éphé­siens 1:13–14)

N’at­tris­tez pas le Saint Esprit de Dieu, par lequel vous avez été scel­lés pour le jour de la rédemp­tion. (Éphé­siens 4:30)

Le Saint-Esprit, en tant que dépôt ou gage, est com­pa­ré à un sceau. Le sceau est uti­li­sé comme une expres­sion d’af­fir­ma­tion, de confir­ma­tion, peut-être aus­si comme un élé­ment dis­tinc­tif. Mais un sceau n’est en aucun cas quelque chose d’in­cas­sable, de sorte que l’on est obli­gé de res­ter la pro­prié­té de Dieu. Cepen­dant, le fait de la rompre a des consé­quences. Bien sûr, Dieu ne veut pas seule­ment don­ner au chré­tien l’a­compte, mais aus­si la pleine récom­pense, c’est-à-dire le salut éter­nel. Paul sou­ligne très sou­vent cette volon­té rédemp­trice de Dieu afin d’ain­si for­ti­fier les chré­tiens. Donc dans ce pas­sage aus­si, il ne s’a­git pas de savoir si l’on peut ou non s’é­loi­gner à nou­veau de Dieu, mais d’en­cou­ra­ger ceux qui veulent vivre en tant que chrétiens.

5.1 L’en­fant de Dieu

Par­fois, on déduit de la com­pa­rai­son entre le fait d’être un enfant de Dieu et une rela­tion parent-enfant que la rela­tion avec Dieu est indis­so­luble. Cepen­dant, l’ex­pres­sion « enfant de Dieu » est uti­li­sée au sens figu­ré, et pas tous les aspects de l’i­mage (père humain — enfant) peuvent être appli­qués à la rela­tion avec Dieu. Après tout, per­sonne ne devient un enfant de son père humain par sa propre déci­sion, mais devient un enfant de Dieu par sa propre décision.

En fait, une per­sonne qui se sépare de Dieu res­te­ra tou­jours une créa­ture de Dieu, tout comme elle reste un enfant de ses parents, même s’il n’y a plus de rela­tion. Mais parce que seul celui qui reçoit Jésus devient un enfant de Dieu (Jean 1:12), seul celui qui lui reste fidèle sera sauvé.

6 Pos­sibles rai­sons de nier l’apostasie

6.1 Dés­in­té­rêt pour les autres

Nous ne pou­vons faire prendre conscience aux autres que des choses que nous-mêmes sommes prêts à vivre. Lorsque des nou­veaux per­sonnes rejoignent la foi, leur donne-t-on vrai­ment des exemples satis­fai­sants et clairs de ce que signi­fie être un dis­ciple et de ce que cela implique dans la vie de tous les jours ?

Nom­breux sont ceux qui négligent la com­mu­nion fra­ter­nelle. Les affaires pri­vées sont plus impor­tantes que les affaires spi­ri­tuelles, et la res­pon­sa­bi­li­té des autres est trans­fé­rée à un cercle étroit de res­pon­sables. En consé­quence, beau­coup ne montrent que très peu d’au­to-éva­lua­tion et de recon­nais­sance du péché, d’autres ne sont pas encou­ra­gés à aban­don­ner leurs péchés, et d’autres encore retombent dans leurs péchés passés.

Il est com­pré­hen­sible que, dans de telles condi­tions, il soit dif­fi­cile — et par­fois aus­si erro­né — de voir quel­qu’un qui vit dans le péché comme étant tom­bé loin de Dieu. Il y a aus­si des cas où une per­sonne qui s’est éloi­gnée se retourne et recom­mence à nouveau.

Dans ce cas, la ques­tion se pose si cette per­sonne s’est repen­tie du tout. Ces cas, et d’autres, donnent sou­vent nais­sance au sou­hait qu’il soit impos­sible de se sépa­rer de Dieu.

Il est cepen­dant faux d’é­va­luer la situa­tion dans le Nou­veau Tes­ta­ment à tra­vers la pers­pec­tive de ce genre d’ex­pé­rience et d’ar­ri­ver à la conclu­sion que TOUS ceux qui se sont détour­nés de la foi n’ont jamais été chré­tiens. Le pas­sage sui­vant n’est pas le seul qui contre­dit clai­re­ment cette idée :

En effet, si, après s’être reti­rés des souillures du monde, par la connais­sance du Sei­gneur et Sau­veur Jésus Christ, ils s’y engagent de nou­veau et sont vain­cus, leur der­nière condi­tion est pire que la pre­mière. Car mieux valait pour eux n’a­voir pas connu la voie de la jus­tice, que de se détour­ner, après l’a­voir connue, du saint com­man­de­ment qui leur avait été don­né. Il leur est arri­vé ce que dit un pro­verbe vrai: Le chien est retour­né à ce qu’il avait vomi, et la truie lavée s’est vau­trée dans le bour­bier. (2 Pierre 2:20–22)

6.2 Aban­don­ner la lutte contre le péché

Si Dieu n’est pas la chose la plus impor­tante dans la vie, on n’au­ra pas l’a­mour pour lut­ter contre le péché avec autant de déter­mi­na­tion que Jésus l’a ensei­gné : « Si ton œil te donne une cause de péché, arrache-le (…) » Mat­thieu 18:9. Si cette déter­mi­na­tion dans le com­bat est trop pénible pour un homme, il veut avoir une sécu­ri­té qui ne le lais­se­ra plus jamais quit­ter Dieu …

7 Fausses doctrines

7.1 La com­pré­hen­sion de la grâce

Dieu tra­vaille en nous « à vou­loir et à agir » pour que per­sonne ne puisse se van­ter auprès de lui de ce qu’il a fait. Qu’y a‑t-il que nous pour­rions don­ner, que nous n’a­vons pas reçu ? Pour­tant, per­sonne ne peut com­prendre cette grâce plei­ne­ment s’il ne s’ef­force pas de toutes ses forces de mettre toute sa vie à la dis­po­si­tion du Créateur.

Qui­conque pense que Dieu — sans que nous agis­sions nous-mêmes — fait tout au bon moment pour nous accor­der la vie éter­nelle ; qui­conque, par consé­quent, construit une vie confor­table sur cette idée et rejette comme léga­listes ou mora­li­sa­teurs ceux qui s’ef­forcent de vivre selon le com­man­de­ment du Christ ; une telle per­sonne n’a pas vrai­ment com­pris ce que signi­fie la grâce de Dieu « La foi sans les œuvres est morte » (Jacques 2:17).

7.2 Pré­des­ti­na­tion

La pré­des­ti­na­tion selon ce que croyaient Augus­tin, Luther ou Cal­vin dit cela :

Dieu ne connaît pas sim­ple­ment l’a­ve­nir de chaque per­sonne à l’a­vance, mais il déter­mine lui-même qui attein­dra le salut (Luther), et qui ne l’at­tein­dra pas (Cal­vin).

Cette façon de pen­ser ignore le libre arbitre de l’homme et consi­dère sa capa­ci­té de faire des choix comme inexis­tante. Se sépa­rer de Dieu est pour­tant l’ex­pres­sion du libre arbitre. C’est pour­quoi toute per­sonne qui enseigne que le libre arbitre de l’homme n’existe pas devra, par sou­ci de cohé­rence, nier toute pos­si­bi­li­té d’a­po­sta­sie — et vice versa.

Pour cha­cune de ces rai­sons, et bien d’autres encore, qui dépas­se­raient le cadre de cet article, nous sommes convain­cus que les chré­tiens doivent prendre une posi­tion sans ambi­guï­té sur cette question.

Cepen­dant, toute per­sonne qui fait preuve de res­pect et de révé­rence envers Dieu et qui regrette, confesse et aban­donne son péché n’a pas à craindre l’apostasie.

Nous vou­lons bien répondre à toutes les ques­tions que vous pour­riez avoir à ce sujet.