Divorce et rema­riage dans une pers­pec­tive biblique

La photo montre une mère marchant seule avec ses deux enfants : les conséquences sombres du divorce.

Dans ce texte, nous vou­lons abor­der les affir­ma­tions de la Bible sur la ques­tion du divorce et du remariage.

Même les paroles de Jésus dans l’É­van­gile de Mat­thieu, géné­ra­le­ment ren­dues par « sauf la for­ni­ca­tion », ne contre­disent pas le rejet clair du divorce dans d’autres textes du Nou­veau Testament.

Même si la loi de l’An­cien Tes­ta­ment concé­dait le divorce sur la base du péché des êtres humains, cela n’a jamais été la volon­té de Dieu. Jésus a clai­re­ment mon­tré cette volon­té de Dieu. Par son œuvre de rédemp­tion, il change nos cœurs et nous per­met de res­ter fidèles selon la volon­té de Dieu, même si pour cer­taines rai­sons il peut être néces­saire de vivre sépa­ré­ment du par­te­naire incroyant.

En conclu­sion, nous écri­vons quelques réflexions qui devraient être utiles pour résoudre les situa­tions de vie sou­vent confuses d’aujourd’hui.

1 Le divorce est-il la solution ?

Aimer quel­qu’un signi­fie recher­cher le meilleur pour l’autre, même si cela implique des dif­fi­cul­tés. Les per­sonnes mariées sont aus­si constam­ment mises au défi de se renier elles-mêmes. Sur­tout lors­qu’il y a des pro­blèmes, on peut être ten­té de choi­sir la voie la plus facile et de divor­cer de son par­te­naire ou de se rema­rier après que son par­te­naire l’ait quit­té. Cepen­dant, un mariage est une déci­sion qui ne peut être annu­lée, même si elle a été prise au mépris de sa propre conscience.

C’est pour­quoi nous vou­lons encou­ra­ger tous ceux qui envi­sagent un divorce et/ou un rema­riage à s’ou­vrir sans crainte aux paroles de Jésus. Jésus ne nous montre pas seule­ment le che­min, mais il nous aide aus­si à le par­cou­rir, même si nous ne pou­vons pas l’imaginer.

Nous avons cité plu­sieurs pas­sages de la Bible sur le sujet du divorce et du rema­riage. Ils montrent que Jésus attend une fidé­li­té incon­di­tion­nelle à un seul par­te­naire qui dure jus­qu’à la mort. Après les pas­sages bibliques, des expli­ca­tions plus détaillées suivent.

2 Des pas­sages bibliques clairs sur le thème du divorce et du remariage

Cer­tains mots du Nou­veau Tes­ta­ment nous montrent que la volon­té de Dieu est la mono­ga­mie, c’est-à-dire qu’un homme et une femme sont fidèles l’un à l’autre jus­qu’à la mort :

Qui­conque répu­die sa femme et en épouse une autre com­met un adul­tère, et qui­conque épouse une femme répu­diée par son mari com­met un adul­tère. (Luc 16:18)

Les pha­ri­siens l’a­bor­dèrent; et, pour l’é­prou­ver, ils lui deman­dèrent s’il est per­mis à un homme de répu­dier sa femme. Il leur répon­dit: Que vous a pres­crit Moïse? Moïse, dirent-ils, a per­mis d’é­crire une lettre de divorce et de répu­dier. Et Jésus leur dit: C’est à cause de la dure­té de votre cœur que Moïse vous a don­né ce pré­cepte. Mais au com­men­ce­ment de la créa­tion, Dieu fit l’homme et la femme; c’est pour­quoi l’homme quit­te­ra son père et sa mère, et s’at­ta­che­ra à sa femme, et les deux devien­dront une seule chair. Ain­si ils ne sont plus deux, mais ils sont une seule chair. Que l’homme donc ne sépare pas ce que Dieu a joint. Lors­qu’ils furent dans la mai­son, les dis­ciples l’in­ter­ro­gèrent encore là-des­sus. Il leur dit: Celui qui répu­die sa femme et qui en épouse une autre, com­met un adul­tère à son égard; et si une femme quitte son mari et en épouse un autre, elle com­met un adul­tère. (Marc 10:2–12)

A ceux qui sont mariés, j’or­donne, non pas moi, mais le Sei­gneur, que la femme ne se sépare point de son mari (si elle est sépa­rée, qu’elle demeure sans se marier ou qu’elle se récon­ci­lie avec son mari), et que le mari ne répu­die point sa femme. (1 Corin­thiens 7:10–11)

Ain­si, une femme mariée est liée par la loi à son mari tant qu’il est vivant; mais si le mari meurt, elle est déga­gée de la loi qui la liait à son mari. Si donc, du vivant de son mari, elle devient la femme d’un autre homme, elle sera appe­lée adul­tère; mais si le mari meurt, elle est affran­chie de la loi, de sorte qu’elle n’est point adul­tère en deve­nant la femme d’un autre. (Romains 7:2–3)

Déjà dans l’An­cien Tes­ta­ment, Dieu rejette clai­re­ment le divorce :

Voi­ci encore ce que vous faites: Vous cou­vrez de larmes l’au­tel de l’É­ter­nel, De pleurs et de gémis­se­ments, En sorte qu’il n’a plus égard aux offrandes Et qu’il ne peut rien agréer de vos mains. Et vous dites: Pour­quoi?… Parce que l’É­ter­nel a été témoin entre toi et la femme de ta jeu­nesse, A laquelle tu es infi­dèle, Bien qu’elle soit ta com­pagne et la femme de ton alliance. Nul n’a fait cela, avec un reste de bon sens. Un seul l’a fait, et pour­quoi? Parce qu’il cher­chait la pos­té­ri­té que Dieu lui avait pro­mise. Pre­nez donc garde en votre esprit, Et qu’au­cun ne soit infi­dèle à la femme de sa jeu­nesse! Car je hais la répu­dia­tion, Dit l’É­ter­nel, le Dieu d’Is­raël, Et celui qui couvre de vio­lence son vête­ment, Dit l’É­ter­nel des armées. Pre­nez donc garde en votre esprit, Et ne soyez pas infi­dèles! (Mala­chie 2:13–16)

3 A l’ex­cep­tion de la fornication ?

Il y a deux pas­sages dans l’É­van­gile de Mat­thieu (Mat­thieu 5:31–32 ; 19:1–12) où une excep­tion semble être pos­sible dans le cas d’une incon­duite sexuelle (« for­ni­ca­tion »). Pour­quoi ne trouve-t-on cette excep­tion si impor­tante ni dans les autres évan­giles ni dans les lettres du Nou­veau Tes­ta­ment ? L’É­van­gile de Mat­thieu a été écrit pour les lec­teurs juifs. Dans ce qui suit, nous vou­lons mon­trer que les Juifs ont com­pris ces mots dif­fé­rem­ment de la plu­part des gens aujourd’­hui. Mal­heu­reu­se­ment, la com­pré­hen­sion com­mune d’au­jourd’­hui a éga­le­ment influen­cé les tra­duc­tions de la Bible, de sorte que nous devons trai­ter ici aus­si des ques­tions de tra­duc­tion. Mais nous vou­lons que ce soit le plus court possible.

3.1 Mat­thieu 5:32

La Bible Louis Segond 1910 tra­duit Mat­thieu 5:31–32 comme suit :

Il a été dit: Que celui qui répu­die sa femme lui donne une lettre de divorce. Mais moi, je vous dis que celui qui répu­die sa femme, sauf pour cause d’in­fi­dé­li­té, l’ex­pose à deve­nir adul­tère, et que celui qui épouse une femme répu­diée com­met un adultère.

Le mot grec « parek­tos », qui est repro­duit ici avec « sauf », signi­fie lit­té­ra­le­ment quelque chose qui est à l’ex­té­rieur, qui n’est pas men­tion­né ou qui est exclu. (Par exemple, dans 2 Corin­thiens 11:28, cette expres­sion est repré­sen­tée par par « d’autres choses » dans Louis Segond 1910 ou « du reste » dans Segond 21. Il ne s’a­git pas d’une exception).

Une tra­duc­tion aus­si proche que pos­sible du texte serait la suivante :

Mais il est dit : « Celui qui veut ren­voyer sa femme, donne-lui une lettre de divorce ». Mais je vous le dis : qui­conque ren­voie sa femme (la rai­son de la for­ni­ca­tion est exclue) pro­voque la rup­ture du mariage à son égard[1] ; et qui­conque épouse une femme licen­ciée com­met un adul­tère[2].

La for­ni­ca­tion était un motif de divorce géné­ra­le­ment accepté.

Jésus se réfère à la loi et aux tra­di­tions juives dans le contexte de Mat­thieu 5. Dans les ver­sets 31–32, il se réfère à un pas­sage de Deu­té­ro­nome 24:1 :

Lors­qu’un homme aura pris et épou­sé une femme qui vien­drait à ne pas trou­ver grâce à ses yeux, parce qu’il a décou­vert en elle quelque chose de hon­teux, il écri­ra pour elle une lettre de divorce, et, après la lui avoir remise en main, il la ren­ver­ra de sa maison.

L’ex­pres­sion « quelque chose de hon­teux » était uti­li­sée par les écoles rab­bi­niques de l’é­poque pour dési­gner une incon­duite sexuelle. Pour de nom­breux Juifs, c’é­tait le seul motif de divorce auto­ri­sé.[3]

Jésus montre quelque chose de nouveau.

Jésus dit : « Il a été dit…. Mais moi, je vous dis… » Il est évident que Jésus enseigne quelque chose de nou­veau ici, quelque chose que les Juifs n’ont jamais enten­du aupa­ra­vant. Dans le contexte du Ser­mon sur la mon­tagne (Mat­thieu 5–7), Jésus appro­fon­dit les com­man­de­ments de Dieu concer­nant la pure­té et l’a­mour. Dans Mat­thieu 5:21–48, Jésus met en contraste quelques com­man­de­ments de l’An­cien Tes­ta­ment avec ses paroles « Mais je vous le dis ». De cette façon, il veut mon­trer par Sa Parole la volon­té ori­gi­nale et claire de Dieu sur ces points, par exemple dans les ver­sets 21–22 :

Vous avez enten­du qu’il a été dit aux anciens: Tu ne tue­ras point; celui qui tue­ra mérite d’être puni par les juges. Mais moi, je vous dis que qui­conque se met en colère contre son frère mérite d’être puni par les juges; …

Si Jésus avait seule­ment vou­lu dire dans Mat­thieu 5:32 qu’il est d’ac­cord avec le motif de divorce géné­ra­le­ment accep­té, ses décla­ra­tions sur le divorce seraient mal pla­cées dans ce contexte. Il n’ap­por­te­rait rien de nou­veau. (Mais le « nou­veau » appor­té par Jésus est la « vieille », éter­nelle volon­té de Dieu).

Jésus a clai­re­ment ensei­gné que le motif de divorce géné­ra­le­ment accep­té par les Juifs ne s’ap­plique plus. Jésus exclut cette rai­son par les mots « la rai­son de la for­ni­ca­tion est exclue ».

Cela ne signi­fie pas pour autant que quel­qu’un est obli­gé de res­ter avec son par­te­naire, même si celui-ci se com­porte très mal. Il peut même être néces­saire de se sépa­rer de son par­te­naire en rai­son de son mau­vais com­por­te­ment. Cette sépa­ra­tion peut dans cer­tains cas éga­le­ment prendre la forme juri­dique d’un divorce. Mais dans ce cas, le lien du mariage reste en place, et avec lui l’o­bli­ga­tion de fidé­li­té conju­gale. Cela signi­fie qu’un nou­veau mariage n’est plus pos­sible. Un divorce, dans lequel le lien du mariage serait dis­sous et les deux par­te­naires seraient libres de se rema­rier, a été reje­té par Jésus.

3.2 Mat­thieu 19:9

Dans Mat­thieu 19:9, la situa­tion est simi­laire à celle de Matthieu:

Les pha­ri­siens l’a­bor­dèrent, et dirent, pour l’é­prou­ver: Est-il per­mis à un homme de répu­dier sa femme pour un motif quel­conque? Il répon­dit: N’a­vez-vous pas lu que le créa­teur, au com­men­ce­ment, fit l’homme et la femme et qu’il dit: C’est pour­quoi l’homme quit­te­ra son père et sa mère, et s’at­ta­che­ra à sa femme, et les deux devien­dront une seule chair? Ain­si ils ne sont plus deux, mais ils sont une seule chair. Que l’homme donc ne sépare pas ce que Dieu a joint. Pour­quoi donc, lui dirent-ils, Moïse a‑t-il pres­crit de don­ner à la femme une lettre de divorce et de la répu­dier? Il leur répon­dit: C’est à cause de la dure­té de votre cœur que Moïse vous a per­mis de répu­dier vos femmes; au com­men­ce­ment, il n’en était pas ain­si. Mais je vous dis que celui qui répu­die sa femme, sauf pour infi­dé­li­té, et qui en épouse une autre, com­met un adul­tère. Ses dis­ciples lui dirent: Si telle est la condi­tion de l’homme à l’é­gard de la femme, il n’est pas avan­ta­geux de se marier. (Mat­thieu 19:3–10)

En grec, il n’est pas dit « sauf pour infi­dé­li­té » mais « non pas à cause de la for­ni­ca­tion ». En grec, le mot « non pas » peut être expri­mé par deux mots dif­fé­rents. Le mot « µ / me », qui est uti­li­sé dans la phrase « non pas à cause de la for­ni­ca­tion », est lié aux inter­dic­tions. Nous trou­vons dans le Nou­veau Tes­ta­ment quelques exemples d’u­ti­li­sa­tion du mot « me / ne pas » sans verbe expli­ca­tive. Il est néces­saire de déduire du contexte ce qui ne doit pas être fait ici.[4] Jésus exprime donc ici que dans le cas d’une incon­duite sexuelle, il ne doit pas y avoir une cer­taine réac­tion, et le contexte nous montre que la conduite qui ne doit pas se pro­duire est le divorce. Ce que l’on entend par là, c’est « même pas dans le cas de la fornication ».

Marc 10:12 nous montre que cela s’ap­plique éga­le­ment au cas contraire, lors­qu’une femme licen­cie son mari.

Marc 10,1–12 est le rap­port paral­lèle à Mat­thieu 19,1–12 et parle de la même situa­tion. En réponse à la ques­tion des pha­ri­siens de savoir s’il est per­mis à l’homme de ren­voyer sa femme pour une rai­son quel­conque,[5] Jésus se réfère à l’ordre de la créa­tion, selon lequel l’homme et la femme sont une seule chair, et que ce que Dieu a uni, l’homme ne doit pas divor­cer. La lettre de divorce, ordon­née par Moïse, n’a été auto­ri­sée qu’en rai­son de la dure­té du cœur. La volon­té ori­gi­nelle de Dieu était dif­fé­rente. Jésus « cor­rige » la loi ici. Le carac­tère indis­so­luble du pacte de mariage a son ori­gine dans l’ordre de la création.

La réac­tion des dis­ciples dans Mat­thieu 19:10[6] nous montre éga­le­ment que l’en­sei­gne­ment de Jésus était com­plè­te­ment nou­veau pour eux sur ce point. La loi juive auto­ri­sait le divorce et le rema­riage, par exemple en cas de péchés sexuels de la femme (selon le rab­bin Sham­mai). Les dis­ciples ont com­pris à par­tir des paroles de Jésus que, selon la volon­té de Dieu, l’al­liance du mariage ne pou­vait pas être annu­lée, même dans le cas de délits sexuels com­mis par la femme. Les dis­ciples se sont alors deman­dé s’il était oppor­tun de se marier. Cette réac­tion nous montre donc aus­si que Jésus a appor­té quelque chose de com­plè­te­ment nou­veau. Si Jésus avait ensei­gné que le mari pou­vait se rema­rier après un divorce pour cause d’a­dul­tère, il aurait ensei­gné la même chose que beau­coup d’autres Juifs et n’au­rait pas pro­vo­qué cette réac­tion éton­née des disciples.

3.3 Sur les deux passages

Dans Mat­thieu 5:32 et Mat­thieu 19:9, nous voyons que la loi mosaïque de la lettre de divorce (Deu­té­ro­nome 24:1) est à l’ar­rière-plan. Jésus exprime dans ces deux pas­sages que la jus­ti­fi­ca­tion du divorce par la for­ni­ca­tion n’est pas la volon­té de Dieu. Comme la ques­tion de l’in­ter­pré­ta­tion de Deu­té­ro­nome 24:1 était par­ti­cu­liè­re­ment impor­tante pour les chré­tiens issus du judaïsme, il n’est pas sur­pre­nant que ces deux ver­sets, dans les­quels Jésus dit que même la for­ni­ca­tion ne peut être un motif de divorce (avec pos­si­bi­li­té de rema­riage), ne se trouvent que dans Mat­thieu[7]. Marc et Luc ne vou­laient pas occu­per leurs lec­teurs, qui pour la plu­part sont issus du paga­nisme, avec la ques­tion de la com­pré­hen­sion du motif de divorce men­tion­né dans Deu­té­ro­nome 24:1, et ont donc lais­sé de côté ces paroles de Jésus adres­sées aux Juifs.

Mat­thieu 5,32 et 19,9 sont donc en uni­té avec tous les autres mots du Nou­veau Tes­ta­ment et ne parlent pas d’un éven­tuel motif de divorce, mais disent au contraire que les motifs de divorce accep­tés par les Juifs ne sont pas valables.

4 Pour­quoi le divorce était-il auto­ri­sé dans l’An­cien Tes­ta­ment, mais plus selon les paroles de Jésus ?

Le divorce n’a jamais été la volon­té de Dieu. Moïse a auto­ri­sé le divorce en rai­son de la déso­béis­sance du peuple, car il est triste de consta­ter que dans le peuple juif / État de Dieu, seul un petit nombre de per­sonnes veulent vrai­ment vivre selon la volon­té de Dieu, mais les masses sont pour la plu­part très déso­béis­santes. C’est pour­quoi Dieu a per­mis le divorce et le rema­riage dans l’An­cien Tes­ta­ment, car autre­ment les gens auraient dû beau­coup souf­frir des péchés des autres. Pour des rai­sons sociales, il était presque impé­ra­tif pour une femme qui avait été licen­ciée de se rema­rier, car sinon elle n’au­rait pas été pour­vue maté­riel­le­ment et n’au­rait pas non plus eu la pos­si­bi­li­té d’être pour­vue par des enfants dans sa vieillesse. C’est pour­quoi Moïse ordon­na à l’homme qui avait ren­voyé sa femme de lui remettre une lettre de divorce. Cette lettre de divorce était une pro­tec­tion impor­tante pour la femme, la preuve que la femme n’est pas une pros­ti­tuée ou qu’elle a eu des rela­tions sexuelles illé­gi­times (ce qui était punis­sable de mort), mais qu’elle a été libé­rée et peut léga­le­ment se remarier.

Ce qui n’a jamais été pos­sible au sein du peuple d’Is­raël, que tous vivent ensemble dans l’o­béis­sance, l’a­mour et une pro­fonde uni­té, Jésus l’a accom­pli dans l’é­glise. Elle ne contient pas d’in­croyants, mais cha­cun a déci­dé de suivre Jésus sans com­pro­mis. Ain­si, par l’Es­prit Saint, chaque chré­tien est capable de vivre cette vie dans la sanc­ti­fi­ca­tion, la dévo­tion, l’a­mour et l’o­béis­sance. Ce n’est que si l’on com­prend et veut vrai­ment vivre le com­man­de­ment de l’a­mour fra­ter­nel de Jésus, que l’on peut aus­si com­prendre son affir­ma­tion selon laquelle il n’y a pas de divorce devant Dieu, et que cela est aus­si vivable pour les chré­tiens. Devant Dieu, tout mariage est valable jus­qu’au décès de l’un des époux. Dans le cas où l’un des conjoints est incroyant et veut se sépa­rer du chré­tien, Paul per­met que cela se pro­duise (voir sec­tion 5). Devant Dieu, cepen­dant, ce n’est pas un divorce qui don­ne­rait droit à un rema­riage, mais devant Dieu les deux sont mariés mais peuvent vivre séparément.

Le mariage est une alliance devant Dieu, à laquelle on doit être fidèle même si l’autre conjoint rompt cette alliance. Si le conjoint non croyant se sépare du chré­tien — pour quelque rai­son que ce soit — et que le chré­tien se rema­rie, non seule­ment il bri­se­ra son mariage, mais il entraî­ne­ra aus­si son « nou­veau » par­te­naire pro­fon­dé­ment dans le péché de for­ni­ca­tion et d’adultère.

Comme les chré­tiens vivent en com­mu­nau­té de biens comme expres­sion de leur amour fra­ter­nel (Actes 2:44–47 ; 4:32–37), la prise en charge sociale de la femme chré­tienne dont le mari incroyant s’est sépa­ré d’elle est éga­le­ment garan­tie. Elle ne se sen­ti­ra pas non plus seule, puisque Dieu donne à chaque chré­tien, chaque jour, une paix et une joie pro­fondes grâce à l’a­mour fra­ter­nel et à l’u­ni­té entre eux.

5 Com­ment juger les mariages de « l’an­cienne vie » (avant de deve­nir chrétien) ?

Si quel­qu’un est en Christ, il est une nou­velle créa­ture. Les choses anciennes sont pas­sées; voi­ci, toutes choses sont deve­nues nou­velles. (2 Corin­thiens 5:17)

Cette parole très impor­tante de Paul, qui nous montre ce que repré­sente un chan­ge­ment fon­da­men­tal en deve­nant chré­tien, ne signi­fie pas pour autant que toutes nos obli­ga­tions de la vie d’a­vant notre conver­sion au chris­tia­nisme ne s’ap­pliquent plus.

Que votre parole soit oui, oui, non, non; ce qu’on y ajoute vient du malin. (Mat­thieu 5:37)

Cela est par­ti­cu­liè­re­ment vrai pour le vœu de mariage. Jésus, comme cela a déjà été expli­qué dans la sec­tion 3.2, a jus­ti­fié l’in­dis­so­lu­bi­li­té du mariage avec l’ordre de la créa­tion. L’i­dée que les mariages conclus avant de deve­nir chré­tien ne sont pas valables, et peuvent donc aus­si être divor­cés, puis­qu’une nou­velle vie a com­men­cé avec le fait de deve­nir chré­tien, est une héré­sie et un mépris des paroles de Jésus.

Dans 1 Corin­thiens 7:12–15, Paul traite des mariages qui ont été conclus avant la conversion :

Aux autres, ce n’est pas le Sei­gneur, c’est moi qui dis: Si un frère a une femme non-croyante, et qu’elle consente à habi­ter avec lui, qu’il ne la répu­die point; et si une femme a un mari non-croyant, et qu’il consente à habi­ter avec elle, qu’elle ne répu­die point son mari. Car le mari non-croyant est sanc­ti­fié par la femme, et la femme non-croyante est sanc­ti­fiée par le frère; autre­ment, vos enfants seraient impurs, tan­dis que main­te­nant ils sont saints. Si le non-croyant se sépare, qu’il se sépare; le frère ou la sœur ne sont pas liés dans ces cas-là. Dieu nous a appe­lés à vivre en paix.

Son prin­cipe est que si le non-croyant accepte la nou­velle vie du chré­tien avec bonne volon­té, ils ne doivent pas se sépa­rer. Si la sépa­ra­tion a lieu (ver­set 15), Paul n’a pas besoin de répé­ter ce qu’il a déjà écrit au ver­set 11[8], à savoir que le chré­tien doit res­ter seul ou se récon­ci­lier avec son conjoint.

En outre, à ce stade, nous devrions à nou­veau nous réfé­rer à Romains 7:2–3. Ici, Paul fait des décla­ra­tions fon­da­men­tales sur le mariage, indé­pen­dam­ment du fait que les gens soient croyants (chré­tiens) ou non. L’homme est lié à son par­te­naire aus­si long­temps qu’il vit. Ce n’est qu’a­près son décès qu’il est pos­sible de conclure un nou­veau pacte de mariage.

6 Quelques réflexions sur la situa­tion actuelle

Aujourd’­hui, nous vivons mal­heu­reu­se­ment dans une situa­tion où le « cas nor­mal » d’un mariage vou­lu par Dieu, à savoir que deux par­te­naires par­tagent leur vie ensemble dans une fidé­li­té mutuelle jus­qu’à la fin de leur vie, comme ils se l’é­taient pro­mis lors de leur mariage, est déjà deve­nu très rare. Les familles « en patch­work » deviennent de plus en plus la norme. Cela a donc éga­le­ment des réper­cus­sions sur l’en­sei­gne­ment et la pra­tique des dif­fé­rentes « églises » et groupes religieux.

Pour com­prendre le rejet clair du divorce avec droit de se rema­rier, il est bon que nous gar­dions éga­le­ment à l’es­prit la valeur posi­tive du mariage dans le plan de créa­tion de Dieu. Il est éga­le­ment impor­tant de tou­jours réflé­chir concrè­te­ment à la manière dont un ensei­gne­ment fon­da­men­tal de la Bible peut être mis en œuvre dans la situa­tion par­ti­cu­lière dans laquelle se trouve une personne.

Jésus a rame­né à la lumière la clar­té ori­gi­nelle de cette ques­tion, de sorte que même ses dis­ciples, qui connais­saient la pra­tique de l’An­cien Tes­ta­ment du divorce et du rema­riage, en ont été choqués.

Il y avait cer­tai­ne­ment par­mi les pre­miers chré­tiens ceux qui venaient du judaïsme ou du paga­nisme, qui étaient mariés en secondes noces. Nous ne dédui­sons pas de la Sainte Écri­ture que tous ces gens ont dû dis­soudre leur second mariage, puis­qu’ils n’a­vaient pas contrac­té leur mariage en sachant qu’ils fai­saient quelque chose qui était abso­lu­ment inter­dit par Dieu, même s’il devait être clair, au moins pour les croyants venant du judaïsme, que Dieu ne consi­dère pas le divorce comme quelque chose de bon.

Lorsque Paul écrit à Timo­thée qu’un ancien d’une église ne pou­vait être que le mari d’une seule femme (1 Timo­thée 3:2), cela nous montre que (avant de deve­nir chré­tiens) les per­sonnes rema­riées ne pou­vaient pas deve­nir des anciens, mais qu’elles étaient cer­tai­ne­ment accep­tées dans l’é­glise. Mais nous ne pou­vons accep­ter cette pra­tique (que les gens puissent conti­nuer leur second mariage dans la congré­ga­tion) que dans une mesure limi­tée pour notre époque, comme le Nou­veau Tes­ta­ment est connu aujourd’­hui, et donc aus­si la posi­tion claire de Jésus dans ce domaine. (Beau­coup connaissent éga­le­ment la posi­tion — du moins en théo­rie — encore rela­ti­ve­ment claire de « l’é­glise » catho­lique sur ce sujet). Par consé­quent, beau­coup de gens sont aujourd’­hui plus conscients qu’à l’é­poque des pre­miers chré­tiens qu’un second mariage n’est pas cor­rect. Il est cer­tain que beau­coup de choses dépendent de la conscience dans laquelle une per­sonne a contrac­té le second mariage. Si une per­sonne a contrac­té un second mariage en sachant que cela est contraire à la volon­té de Dieu, ce mariage ne peut pas être consi­dé­ré comme un mariage dans la volon­té de Dieu. Le pro­blème est sou­vent beau­coup plus pro­fond, par exemple lorsque les ques­tions spi­ri­tuelles, notam­ment sur l’at­ti­tude du par­te­naire vis-à-vis de Dieu, ont été igno­rées lors du pre­mier mariage.

Mais il est tou­jours néces­saire d’exa­mi­ner atten­ti­ve­ment le cas concret et donc de recher­cher hon­nê­te­ment la volon­té de Dieu. Même dans le cas où le résul­tat de cet exa­men hon­nête est que le second mariage ne peut être pour­sui­vi, divers autres aspects doivent être pris en compte. Sur­tout si les deux par­te­naires sont chré­tiens, la consé­quence ne sera pro­ba­ble­ment pas une sépa­ra­tion com­plète. Après tout, il y a sou­vent beau­coup de tâches com­munes, notam­ment dans l’é­du­ca­tion des enfants. Il n’est cer­tai­ne­ment pas utile pour les enfants lors­qu’ils voient que les parents sont sépa­rés. Mais dans ce cas (quand on est arri­vé à la conclu­sion que le second mariage ne peut être pour­sui­vi), la rela­tion sexuelle n’au­ra pas sa place dans cette relation.

7 Résu­mé et encouragement

Jésus sou­ligne que la mono­ga­mie est la volon­té de Dieu, ce qui se voit aus­si dans l’ar­gu­men­ta­tion sur le fait de deve­nir une seule chair, et que l’homme ne doit pas reje­ter sa femme. Si, pour une rai­son quel­conque, le mari licen­cie sa femme, ou si la femme divorce du mari, alors elle et lui ne peuvent pas contrac­ter un nou­veau mariage tant que le par­te­naire divor­cé vit, car le pre­mier mariage est valable tant que les deux vivent. S’il contracte néan­moins un nou­veau mariage, il s’a­git d’un adul­tère. Devant Dieu, il n’y a pas de divorce, tout mariage est valable tant que les deux par­te­naires vivent. Dans tous ces pas­sages, Jésus ne fait aucune dif­fé­rence si quel­qu’un est ren­voyé cou­pable ou innocent.

Puisque Jésus ne fait pas d’ex­cep­tions dans Marc et Luc, il ne peut pas non plus avoir vou­lu dire des excep­tions dans Mat­thieu. La réac­tion des dis­ciples montre éga­le­ment qu’il n’y a pas d’ex­cep­tion dans la ques­tion du divorce. Un rema­riage n’est pas pos­sible tant que le par­te­naire vit.

Paul aborde cer­tains cas plus en détail dans 1 Corin­thiens 7 :

Si une per­sonne est déjà divor­cée lors­qu’elle devient chré­tienne, elle doit alors res­ter sans mariage ou se récon­ci­lier avec son par­te­naire. Si le par­te­naire non croyant veut divor­cer du chré­tien, ce der­nier devrait l’au­to­ri­ser — « Le frère ou la sœur n’est pas lié (lit­té­ra­le­ment esclave) dans de tels cas ; Dieu nous a appe­lés à la paix après tout ».

Le fait que le frère ou la sœur ne soit pas « esclave » dans de tels cas signi­fie qu’il n’est pas condam­né à vivre avec un incroyant dans la dis­corde et les pro­blèmes. Il peut se sépa­rer — et res­ter sans mariage.

Mais ce qui est inima­gi­nable pour beau­coup n’est pas un far­deau insup­por­table. Un chré­tien a une nou­velle rela­tion avec Dieu par Jésus-Christ. Cela nous confronte beau­coup plus aux exi­gences que la sain­te­té de Dieu nous impose. Il s’a­git d’une exi­gence plus éle­vée que pour les croyants de l’an­cienne alliance. Nous deve­nons éga­le­ment plus conscients de nos propres fai­blesses et de nos péchés, et Dieu nous apprend à tirer de cette rela­tion étroite avec Lui la force pour ce qui dépasse nos forces.

Avec Lui et à tra­vers Lui, « l’im­pos­sible » devient pos­sible. Dieu aide éga­le­ment par la com­mu­nion avec les frères et sœurs, dont chaque chré­tien a gran­de­ment besoin, la com­mu­nion avec ceux qui écoutent les paroles de Dieu et les mettent en pra­tique. Ils sont nos frères et sœurs en Christ, notre famille spi­ri­tuelle, qui dure­ra pour l’é­ter­ni­té. Ain­si, même sans conjoint, un chré­tien n’est jamais seul.


Notes de bas de page

  1. Cette tra­duc­tion, contrai­re­ment à celle qui est en usage depuis la Vul­gate, « fait que l’a­dul­tère est com­mis avec elle », vise à indi­quer que l’acte adul­tère est com­mis par le mari qui ren­voie sa femme. Il ne s’a­git pas encore d’un adul­tère au sens le plus fort du terme (une rela­tion sexuelle avec une autre femme), mais le ren­voi de la femme est déjà consi­dé­ré comme un acte adultère.
  2. Une expli­ca­tion détaillée de cette pro­po­si­tion de tra­duc­tion se trouve dans : Karl Staab, Die Unau­flös­li­ch­keit der Ehe und die sog. „Ehe­bruchsk­lau­seln“ bei Mt 5,32 und 19,9: Fest­schrift für E. Eich­mann, Pader­born 1940, 435–452
  3. Cepen­dant, il y avait aus­si une autre inter­pré­ta­tion (à l’é­cole du rab­bin Hil­lel), selon laquelle le divorce était auto­ri­sé pour de nom­breuses rai­sons, même très mineures.
  4. Ain­si, les diri­geants juifs ont dit dans Mat­thieu 26:5 : « Pas le jour de la fête, de peur qu’il n’y ait un rébel­lion par­mi le peuple ». Dans cette phrase, le verbe est man­quant. D’a­près le contexte, il est clair que les diri­geants vou­laient que Jésus ne soit pas arrê­té pen­dant la fête (mais déjà avant). La phrase com­plète serait la sui­vante : « Pas pen­dant la fête ( doit-il être arrê­té), de peur qu’il n’y ait une rébel­lion par­mi le peuple.
  5. Il s’a­git ici — comme dans Mat­thieu 5,32 — de l’in­ter­pré­ta­tion de Genèse 24,1.
  6. Ses dis­ciples lui disent : « Si telle est la situa­tion entre un homme et une femme, il n’est pas conseillé de se marier. »
  7. Déjà les plus anciens témoi­gnages sur l’É­van­gile de Mat­thieu (Papias, Iré­née, Ori­gines) le consi­dèrent comme s’a­dres­sant à des lec­teurs venant du judaïsme. Des cri­tères internes (nom­breuses réfé­rences à l’An­cien Tes­ta­ment) vont éga­le­ment dans ce sens.
  8. … si elle est sépa­rée, qu’elle demeure sans se marier ou qu’elle se récon­ci­lie avec son mari, …


Cette tra­duc­tion, contrai­re­ment à celle qui est en usage depuis la Vul­gate, « fait que l’a­dul­tère est com­mis avec elle », vise à indi­quer que l’acte adul­tère est com­mis par le mari qui ren­voie sa femme. Il ne s’a­git pas encore d’un adul­tère au sens le plus fort du terme (une rela­tion sexuelle avec une autre femme), mais le ren­voi de la femme est déjà consi­dé­ré comme un acte adultère.

Une expli­ca­tion détaillée de cette pro­po­si­tion de tra­duc­tion se trouve dans : Karl Staab, Die Unau­flös­li­ch­keit der Ehe und die sog. „Ehe­bruchsk­lau­seln“ bei Mt 5,32 und 19,9: Fest­schrift für E. Eich­mann, Pader­born 1940, 435–452

Cepen­dant, il y avait aus­si une autre inter­pré­ta­tion (à l’é­cole du rab­bin Hil­lel), selon laquelle le divorce était auto­ri­sé pour de nom­breuses rai­sons, même très mineures.

Ain­si, les diri­geants juifs ont dit dans Mat­thieu 26:5 : « Pas le jour de la fête, de peur qu’il n’y ait un rébel­lion par­mi le peuple ». Dans cette phrase, le verbe est man­quant. D’a­près le contexte, il est clair que les diri­geants vou­laient que Jésus ne soit pas arrê­té pen­dant la fête (mais déjà avant). La phrase com­plète serait la sui­vante : « Pas pen­dant la fête ( doit-il être arrê­té), de peur qu’il n’y ait une rébel­lion par­mi le peuple.

Il s’a­git ici — comme dans Mat­thieu 5,32 — de l’in­ter­pré­ta­tion de Genèse 24,1.

Ses dis­ciples lui disent : « Si telle est la situa­tion entre un homme et une femme, il n’est pas conseillé de se marier. »

Déjà les plus anciens témoi­gnages sur l’É­van­gile de Mat­thieu (Papias, Iré­née, Ori­gines) le consi­dèrent comme s’a­dres­sant à des lec­teurs venant du judaïsme. Des cri­tères internes (nom­breuses réfé­rences à l’An­cien Tes­ta­ment) vont éga­le­ment dans ce sens.

… si elle est sépa­rée, qu’elle demeure sans se marier ou qu’elle se récon­ci­lie avec son mari, …