Que signi­fie être chrétien ?

Des raisins sur une vigne comme dans la parabole de Jésus dans Jean 15.

1 Réflexions introductives

Jésus a par­lé de deux che­mins : le che­min étroit qui mène à Dieu et que peu empruntent, et le che­min large qui mène à la des­truc­tion.[1] Il était bien conscient que la plu­part des gens ne seraient pas prêts à le suivre et à don­ner à Dieu la prio­ri­té qu’il mérite dans leur vie. Mal­heu­reu­se­ment, il existe aujourd’­hui de nom­breuses voies alter­na­tives reli­gieuses et appa­rem­ment chré­tiennes, qui peuvent deve­nir assez dérou­tantes, même pour les per­sonnes qui cherchent hon­nê­te­ment Dieu. C’est une des rai­sons pour les­quelles nous avons trou­vé impor­tant d’é­crire cet article. Nous vou­lons aider les gens à com­prendre l’ap­pel de Jésus à deve­nir des dis­ciples sur la base de la Bible, bien que nous devions nous limi­ter à l’es­sen­tiel. Si vous êtes un croyant, ce texte devrait être une invi­ta­tion à exa­mi­ner votre propre vie selon les pas­sages et les pen­sées de la Bible. Nous espé­rons qu’il aide­ra aus­si les per­sonnes qui ne croient pas encore en Dieu à trou­ver le che­min vers Dieu tel qu’il est décrit dans la Bible.

Nous vou­lons invi­ter chaque per­sonne à nous connaître et à suivre Jésus avec nous, en par­ta­geant toute la joie et les défis qui se pré­sentent en rap­port avec ce chemin.

2 La situa­tion actuelle

Actuel­le­ment, envi­ron un tiers de la popu­la­tion mon­diale se consi­dère offi­ciel­le­ment comme « chré­tien ». Mais beau­coup de ces per­sonnes ne savent pas ce que cela signi­fie vrai­ment d’être chré­tien. Ce fait amène sou­vent les non-chré­tiens à mépri­ser le chris­tia­nisme parce qu’ils ne voient géné­ra­le­ment qua­si­ment pas de dif­fé­rence entre leur propre vie et celle des  » chré­tiens traditionnels « .

Jésus lui-même a dit que beau­coup de gens qui l’ap­pellent « Sei­gneur » auront un réveil dou­lou­reux. Ils ne pour­ront pas se tenir devant Jésus, bien qu’ils aient cru qu’ils étaient chré­tiens. Nous pou­vons lire à ce sujet dans Mat­thieu 7:21–23:

21 Ceux qui me disent: Sei­gneur, Sei­gneur! n’en­tre­ront pas tous dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volon­té de mon Père qui est dans les cieux. 22 Plu­sieurs me diront en ce jour-là: Sei­gneur, Sei­gneur, n’a­vons-nous pas pro­phé­ti­sé par ton nom? n’a­vons-nous pas chas­sé des démons par ton nom? et n’a­vons-nous pas fait beau­coup de miracles par ton nom? 23 Alors je leur dirai ouver­te­ment: Je ne vous ai jamais connus, reti­rez-vous de moi, vous qui com­met­tez l’iniquité.

Ces mots sont un aver­tis­se­ment sérieux contre l’au­to-illu­sion reli­gieuse. Il y aura beau­coup de gens qui pensent avoir fait de grandes choses au nom de Jésus et qui sont convain­cus qu’ils lui appar­tiennent. Mais Jésus se détour­ne­ra d’eux car, bien qu’ils l’aient appe­lé « Sei­gneur », ils n’ont pas agi selon ses paroles.

3 Que signi­fie l’ap­pel de Jésus à la repentance ?

Les per­sonnes aux­quelles Jésus s’a­dres­sait étaient toutes « reli­gieuses ». Ils croyaient en Dieu et étaient prin­ci­pa­le­ment conscients qu’ils doivent rendre compte à Dieu de la façon dont ils vivaient leur vie. Et pour­tant, Jésus les a appe­lés à se repen­tir. Il a recon­nu les pro­blèmes dans leur vie et il les a abor­dés : l’in­dif­fé­rence, l’hy­po­cri­sie reli­gieuse, l’au­to­sa­tis­fac­tion, l’obs­ti­na­tion et leur manque de res­pect pour Dieu. Il savait qu’ils seraient per­dus s’ils ne se repen­taient pas en recon­nais­sant et en regret­tant leurs péchés.

De nos jours, il y a aus­si beau­coup de per­sonnes reli­gieuses dont la vie montre qu’elles ne demandent guère la volon­té de Dieu dans leur vie. Ce que Jésus a cité à ses contem­po­rains du pro­phète Isaïe est tout aus­si per­ti­nent aujourd’hui :

7 Hypo­crites, Isaïe a bien pro­phé­ti­sé sur vous, quand il a dit: 8 Ce peuple m’ho­nore des lèvres, Mais son cœur est éloi­gné de moi. (Mat­thieu 15:7–8)

Dieu voit le cœur d’une per­sonne. Nous ne pou­vons pas trom­per Dieu avec nos acti­vi­tés reli­gieuses et nous ne devons pas non plus nous trom­per nous-mêmes. L’at­ti­tude nor­male que nous devrions avoir envers notre créa­teur est qu’il mérite la pre­mière place dans nos cœurs. Cela signi­fie que nous devons prendre la déci­sion de tout lui sou­mettre, comme il est expri­mé dans le com­man­de­ment que Jésus a appe­lé « le grand et pre­mier commandement ».

28 Un des scribes, qui les avait enten­dus dis­cu­ter, sachant que Jésus avait bien répon­du aux sad­du­céens, s’ap­pro­cha, et lui deman­da: Quel est le pre­mier de tous les com­man­de­ments? 29 Jésus répon­dit: Voi­ci le pre­mier: Écoute, Israël, le Sei­gneur, notre Dieu, est l’u­nique Sei­gneur; 30 et: Tu aime­ras le Sei­gneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pen­sée, et de toute ta force. 31 Voi­ci le second: Tu aime­ras ton pro­chain comme toi-même. Il n’y a pas d’autre com­man­de­ment plus grand que ceux-là. 32 Le scribe lui dit: Bien, maître; tu as dit avec véri­té que Dieu est unique, et qu’il n’y en a point d’autre que lui, 33 et que l’ai­mer de tout son cœur, de toute sa pen­sée, de toute son âme et de toute sa force, et aimer son pro­chain comme soi-même, c’est plus que tous les holo­caustes et tous les sacri­fices. (Marc 12:28–33)

Dieu nous aime de son amour par­fait. Avoir une rela­tion d’a­mour avec lui signi­fie vou­loir l’ai­mer de toutes nos forces et de tout notre cœur comme un enfant aime son père. Un enfant ne veut pas igno­rer la volon­té de son père mais il lui fait confiance et lui obéit.

La para­bole du fils pro­digue[2] décrit bien ce que signi­fie repen­tir. Le fils pro­digue a déci­dé de suivre sa propre voie, cher­chant le bon­heur loin de la mai­son de son père dans les plai­sirs et les péchés du monde. Il ne se sou­ciait pas de ce que son père en pen­sait. Quand il a réa­li­sé que le che­min qu’il avait choi­si était une impasse, il s’est humi­lié et est retour­né — le cœur bri­sé — à son père. Il regret­tait pro­fon­dé­ment la façon dont il avait mépri­sé l’a­mour de son père. Il savait qu’il ne pou­vait rien faire pour com­pen­ser ce qu’il avait détruit. La seule chose qui lui res­tait à faire était de confes­ser sa culpa­bi­li­té et de deman­der par­don, en fai­sant confiance à la bon­té et à la misé­ri­corde de son père. L’au­then­ti­ci­té de sa repen­tance est deve­nue visible à tra­vers son désir de ser­vir son père avec obéis­sance à par­tir de ce moment. Son père l’a embras­sé, lui a don­né une bague et des san­dales et a orga­ni­sé une fête sans le moindre reproche. La culpa­bi­li­té du fils était par­don­née, leur rela­tion res­tau­rée. Ain­si, dans la vie du fils, il y avait un tout nou­veau départ — comme le père l’ex­prime dans la parabole :

… car mon fils que voi­ci était mort, et il est reve­nu à la vie; il était per­du, et il est retrou­vé. Et ils com­men­cèrent à se réjouir. (Luc 15:24)

Par cette para­bole, Jésus a vou­lu mon­trer que Dieu accepte comme son enfant toute per­sonne qui regrette sin­cè­re­ment ses péchés, en lui par­don­nant toute sa culpa­bi­li­té. Il offre ain­si à chaque « fils pro­digue » l’es­poir que le retour à la mai­son du Père est pos­sible — oui, le Père attend même et veille pour voir quand son enfant revien­dra. Celui qui se laisse tou­cher par cet amour fera l’ex­pé­rience de la repen­tance comme quelque chose de joyeux, comme la joie du fils à qui l’on per­met de reve­nir à la mai­son. Les paroles sui­vantes de Jésus décrivent éga­le­ment cette joie :

44 Le royaume des cieux est encore sem­blable à un tré­sor caché dans un champ. L’homme qui l’a trou­vé le cache; et, dans sa joie, il va vendre tout ce qu’il a, et achète ce champ. 45 Le royaume des cieux est encore sem­blable à un mar­chand qui cherche de belles perles. 46 Il a trou­vé une perle de grand prix; et il est allé vendre tout ce qu’il avait, et l’a ache­tée. (Mat­thieu 13:44–46)

Celui qui se ren­dra compte du pré­cieux tré­sor que Dieu nous aime et veut nous don­ner la vraie vie, sera prêt à « vendre » tout le reste pour gagner ce tré­sor. Si quel­qu’un n’est pas dis­po­sé à le faire parce que cer­taines choses ont une telle « valeur » pour lui qu’il n’est pas prêt à les aban­don­ner pour Dieu, il ne pas­se­ra pas l’é­ter­ni­té avec lui, ce qui est visible dans la ren­contre du jeune homme riche avec Jésus.

17 Comme Jésus se met­tait en che­min, un homme accou­rut, et se jetant à genoux devant lui: Bon maître, lui deman­da-t-il, que dois-je faire pour héri­ter la vie éter­nelle? 18 Jésus lui dit: Pour­quoi m’ap­pelles-tu bon? Il n’y a de bon que Dieu seul. 19 Tu connais les com­man­de­ments: Tu ne com­met­tras point d’a­dul­tère; tu ne tue­ras point; tu ne déro­be­ras point; tu ne diras point de faux témoi­gnage; tu ne feras tort à per­sonne; honore ton père et ta mère. 20 Il lui répon­dit: Maître, j’ai obser­vé toutes ces choses dès ma jeu­nesse. 21 Jésus, l’ayant regar­dé, l’ai­ma, et lui dit: Il te manque une chose; va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres, et tu auras un tré­sor dans le ciel. Puis viens, et suis-moi. 22 Mais, affli­gé de cette parole, cet homme s’en alla tout triste; car il avait de grands biens. (Marc 10:17–22)

Cet homme vou­lait venir à Dieu — et il a fait des efforts pour y par­ve­nir. Mais il s› accro­chait à ses pos­ses­sions. Il n’é­tait pas prêt à tout aban­don­ner pour suivre Jésus. Mais cela n’a pas pous­sé Jésus à abais­ser son exi­gence. Il n’a pas cou­ru après l’homme pour lui offrir un com­pro­mis. Il ne fait pas preuve d’a­mour et de res­pect pour Dieu si nous vou­lons lui rete­nir quelque chose. Par cela, Jésus nous a aus­si mon­tré que nous ne pou­vons pas être chré­tiens sans nous décla­rer prêt incon­di­tion­nel­le­ment à nous mettre à la dis­po­si­tion de Dieu avec tout ce que nous avons. La sec­tion sui­vante nous per­met­tra de mieux com­prendre cela.

4 Sui­vez-Moi ! Le coût de suivre Jésus

En Luc 9:23–26, après la pre­mière pré­dic­tion de sa souf­france, nous lisons la décla­ra­tion claire de Jésus sur le sérieux d’être son dis­ciple, c’est-à-dire de la vie en tant que chrétien.

23 Puis il dit à tous: Si quel­qu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge chaque jour de sa croix, et qu’il me suive. 24 Car celui qui vou­dra sau­ver sa vie la per­dra, mais celui qui la per­dra à cause de moi la sau­ve­ra. 25 Et que ser­vi­rait-il à un homme de gagner tout le monde, s’il se détrui­sait ou se per­dait lui-même? 26 Car qui­conque aura honte de moi et de mes paroles, le Fils de l’homme aura honte de lui, quand il vien­dra dans sa gloire, et dans celle du Père et des saints anges.

Mal­gré le sérieux de ces paroles, elles ne sont guère prises au sérieux de nos jours. Par­mi les nom­breuses per­sonnes qui se disent chré­tiennes, très peu pensent vrai­ment à la signi­fi­ca­tion de ce pas­sage. Mais celui qui veut être chré­tien doit se deman­der ce que signi­fie pra­ti­que­ment pour sa vie le fait de renon­cer à soi-même, de prendre sa croix, de perdre sa vie, et de ne pas avoir honte de Jésus ou de ses paroles. Jésus a par­lé « à tous », et pas seule­ment à un petit nombre de dis­ciples qui vou­laient le prendre par­ti­cu­liè­re­ment au sérieux.

4.1 Renon­cer à soi-même

Si nous vou­lons vrai­ment suivre les traces de Jésus, nous devons être conscients que ce che­min exige une déter­mi­na­tion sans relâche. Nous ne pou­vons pas suivre ce che­min si nous nous accro­chons à nos propres plans, dési­rs et objec­tifs, car cela crée­rait en nous un conflit inté­rieur dans lequel nous serions déchi­rés entre la volon­té de Dieu et la nôtre et cela nous pri­ve­rait de la force d’a­gir. Renon­cer à soi-même signi­fie lais­ser tom­ber toutes nos actions auto-déter­mi­nées et pla­cer notre vie com­plè­te­ment entre les mains de Dieu. Lui seul a la vue d’en­semble et sait le mieux ce qui est bon pour nous et pour les autres. C’est pour­quoi nous pou­vons lui faire confiance plus qu’à nous-mêmes. Celui qui n’est pas dis­po­sé à sou­mettre ses propres plans et idées à Dieu ne pour­ra pas faire l’ex­pé­rience de sa gui­dance ni le servir.

4.2 Pre­nez votre croix

Ce n’est cer­tai­ne­ment pas un hasard si Jésus a pro­non­cé ces paroles dans le contexte de la pré­dic­tion de sa propre souf­france[3]. Car nous aus­si, nous ne pour­rons pas suivre ce che­min si nous ne sommes pas prêts à souf­frir. C’est ce que repré­sente la croix. La croix montre clai­re­ment que Jésus était si for­te­ment en conflit avec le monde et que le monde n’é­tait pas prêt à le sup­por­ter. En tant que chré­tiens, nous serons éga­le­ment confron­tés à des conflits. Lorsque nous disons la parole de Dieu aux gens et qu’ils sont confron­tés à leur état pécheur et misé­rable, nous pou­vons nous attendre à être reje­tés ou même ridi­cu­li­sés. Dans cer­taines cir­cons­tances, nous per­drons notre « bonne répu­ta­tion » parce que nous leur disons des choses qui les mettent mal à l’aise ou par les­quelles ils se sentent accu­sés. Jésus a dit que nous ne devrions pas seule­ment être prêts à sup­por­ter cela, mais même à nous réjouir quand cela nous arrive.

22 Heu­reux serez-vous, lorsque les hommes vous haï­ront, lors­qu’on vous chas­se­ra, vous outra­ge­ra, et qu’on rejet­te­ra votre nom comme infâme, à cause du Fils de l’homme! 23 Réjouis­sez-vous en ce jour-là et tres­saillez d’al­lé­gresse, parce que votre récom­pense sera grande dans le ciel; car c’est ain­si que leurs pères trai­taient les pro­phètes. (Luc 6:22–23)

Il y a beau­coup de gens qui se disent chré­tiens et qui ne sont pas prêts à défendre les paroles de Jésus et ses exi­gences. Ils ont honte de le faire parce qu’il n’est pas consi­dé­ré comme moderne de croire en une véri­té objec­tive et de pen­ser que c’est Jésus qui nous a appor­té cette véri­té. Ils ont peur d’être consi­dé­rés comme vieux jeu et into­lé­rants. Mais c’est, en fait, tra­hir Jésus au lieu de prendre son par­ti. C’est pour­quoi Jésus ne pren­dra pas le par­ti de ces gens quand ils devront un jour rendre compte à Dieu de leur vie.

Toutes ces pen­sées sont sou­li­gnées par les paroles de Jésus en Luc 9:57–62 :

57 Pen­dant qu’ils étaient en che­min, un homme lui dit: Sei­gneur, je te sui­vrai par­tout où tu iras. 58 Jésus lui répon­dit: Les renards ont des tanières, et les oiseaux du ciel ont des nids: mais le Fils de l’homme n’a pas un lieu où il puisse repo­ser sa tête. 59 Il dit à un autre: Suis-moi. Et il répon­dit: Sei­gneur, per­mets-moi d’al­ler d’a­bord ense­ve­lir mon père. 60 Mais Jésus lui dit: Laisse les morts ense­ve­lir leurs morts; et toi, va annon­cer le royaume de Dieu. 61 Un autre dit: Je te sui­vrai, Sei­gneur, mais per­mets-moi d’al­ler d’a­bord prendre congé de ceux de ma mai­son. 62 Jésus lui répon­dit: Qui­conque met la main à la char­rue, et regarde en arrière, n’est pas propre au royaume de Dieu.

Les renards ont des tanières, et les oiseaux du ciel ont des nids… Suivre Jésus n’est pas un che­min facile. Mar­cher avec lui peut impli­quer un renon­ce­ment, auquel nous devons être pré­pa­rés. Jésus ne dit pas qu’en tant que chré­tiens nous ne devons pas avoir un endroit où vivre. Mais tout comme Jésus, qui ne s’est pas éta­bli une vie confor­table ici sur terre, nous devrions aus­si vivre dans la conscience que notre vraie mai­son est au ciel. Cela devrait nous rendre prêts, ici et main­te­nant, à perdre tout ce qui semble nous appar­te­nir et à être des étran­gers dans ce monde.

Laisse les morts ense­ve­lir leurs morts… Jésus ne veut pas inter­dire à ses dis­ciples de s’oc­cu­per de l’en­ter­re­ment de leurs morts. Il a vu que cet homme vou­lait don­ner à l’œuvre dans le Royaume de Dieu une prio­ri­té infé­rieure à ses obli­ga­tions ter­restres. Avec ces paroles très radi­cales, Jésus a mon­tré quelle est la bonne prio­ri­té. En tant que chré­tiens, nous avons la pos­si­bi­li­té d’ai­der les gens à trou­ver la vie éter­nelle, et nous devrions être conscients que c’est notre tâche la plus importante.

Les « morts » qui devraient enter­rer leurs propres morts sont des gens qui ne se laissent pas appe­ler à la vie par Dieu, et qui sont donc spi­ri­tuel­le­ment morts. Par consé­quent, ils ne peuvent aider per­sonne d’autre spirituellement.

Qui­conque met la main à la char­rue… La réponse de Jésus montre qu’il ne s’a­git pas sim­ple­ment de dire « adieu ». Jésus recon­naît que le désir de cet homme de faire ses adieu à sa famille montre qu’il n’é­tait pas com­plé­te­ment déter­mi­né. Si quel­qu’un laisse seule­ment son ancienne vie der­rière lui avec tris­tesse et tié­deur, il ne sera pas à la hau­teur des défis qui viennent avec le fait de suivre Jésus.

5 Une vie sainte comme fruit de la repentance

Quand une per­sonne se repent et veut vivre comme un chré­tien, comme le fils pro­digue, elle aban­don­ne­ra les choses qu’elle com­prend comme étant péche­resses, même si c’est dif­fi­cile. Beau­coup de gens qui se disent chré­tiens ne s’en­gagent pas dans une lutte sérieuse contre leurs péchés. Parce qu’ils ne veulent pas aban­don­ner leurs péchés, ils s’illu­sionnent en pen­sant qu’ils ne sont pas vrai­ment des péchés du tout. Ou bien ils pensent que Dieu est si misé­ri­cor­dieux et qu’il par­donne quand même parce qu’il sait com­bien nous sommes faibles et imparfaits.

Il est impor­tant d’ex­po­ser de telles pen­sées pour ce qu’elles sont : Les excuses. Jésus a dit que toutes choses sont pos­sibles pour celui qui croit[4]. Lorsque nous nous confions com­plè­te­ment à Dieu, nous fai­sons l’ex­pé­rience de son aide. Il ne nous laisse pas seuls dans nos ten­ta­tions et nos fai­blesses. Nous fai­sons l’ex­pé­rience de la grâce de Dieu non seule­ment dans le par­don de nos péchés, mais sa grâce nous entraîne aus­si à vivre notre vie dans ce monde de manière à lui plaire, comme l’é­crit Paul dans Tite 2:11–14:

11 Car la grâce de Dieu, source de salut pour tous les hommes, a été mani­fes­tée. 12 Elle nous enseigne à renon­cer à l’im­pié­té et aux convoi­tises mon­daines, et à vivre dans le siècle pré­sent selon la sagesse, la jus­tice et la pié­té, 13 en atten­dant la bien­heu­reuse espé­rance, et la mani­fes­ta­tion de la gloire du grand Dieu et de notre Sau­veur Jésus Christ, 14 qui s’est don­né lui-même pour nous, afin de nous rache­ter de toute ini­qui­té, et de se faire un peuple qui lui appar­tienne, puri­fié par lui et zélé pour les bonnes œuvres.

Si nous vou­lons vrai­ment offrir notre vie à Dieu dans le ser­vice et aban­don­ner nos péchés, Dieu nous donne la force de le faire. Notre vie peut alors deve­nir un sacri­fice qui est agréable à Dieu. Le ser­vir et lui obéir dans notre vie quo­ti­dienne est ce que signi­fie vrai­ment le « culte ».

1 Je vous exhorte donc, frères, par les com­pas­sions de Dieu, à offrir vos corps comme un sacri­fice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui sera de votre part un culte rai­son­nable. 2 Ne vous confor­mez pas au siècle pré­sent, mais soyez trans­for­més par le renou­vel­le­ment de l’in­tel­li­gence, afin que vous dis­cer­niez quelle est la volon­té de Dieu, ce qui est bon, agréable et par­fait. (Romains 12:1–2)

Il y a beau­coup de pas­sages clairs dans le Nou­veau Tes­ta­ment qui parlent de la vie sainte des chré­tiens. Faire la volon­té de Dieu, c’est l’ai­mer et l’a­mour de Dieu pour nous signi­fie qu’il nous donne la force de le faire. Qui­conque vit avec Jésus por­te­ra ce fruit.

5 Je suis le cep, vous êtes les sar­ments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beau­coup de fruit, car sans moi vous ne pou­vez rien faire. (…) 8 Si vous por­tez beau­coup de fruit, c’est ain­si que mon Père sera glo­ri­fié, et que vous serez mes dis­ciples. (Jean 15:5,8)

En tant que chré­tiens, nous ne sommes plus esclaves du péché, mais ser­vi­teurs de Dieu.

16 Ne savez-vous pas qu’en vous livrant à quel­qu’un comme esclaves pour lui obéir, vous êtes esclaves de celui à qui vous obéis­sez, soit du péché qui conduit à la mort, soit de l’o­béis­sance qui conduit à la jus­tice? 17 Mais grâces soient ren­dues à Dieu de ce que, après avoir été esclaves du péché, vous avez obéi de cœur à la règle de doc­trine dans laquelle vous avez été ins­truits. 18 Ayant été affran­chis du péché, vous êtes deve­nus esclaves de la jus­tice. (Romains 6:16–18)

6 L’a­mour de Jésus : Un exemple pour chaque chrétien

Toute la vie de Jésus a été carac­té­ri­sée par l’a­mour. A cause de son amour, il a lais­sé der­rière lui sa gloire céleste. Il s’est fait homme pour que nous puis­sions connaître com­bien Dieu nous aime et veut nous offrir la joie de la récon­ci­lia­tion avec lui. A cause de cet amour, Jésus n’a jamais cher­ché son propre avan­tage, n’a jamais sui­vi ce qui lui était agréable, n’a jamais choi­si la voie la plus facile au lieu de la bonne voie. Par amour, il a tou­jours dit la véri­té et s’est effor­cé d’ai­der les gens à apprendre à se voir comme Dieu les voit plu­tôt que de se perdre dans l’illu­sion. Il a même por­té la souf­france et la mort sur une croix pour aider les gens orgueilleux à s’humilier par son amour et son humilité.

Avec sa dévo­tion aimante, Jésus nous a don­né un modèle clair. Il n’a fixé aucune limite à son amour et à son ser­vice pour les autres. Il a don­né à ses dis­ciples, et à tous ceux qui veulent être chré­tiens, le com­man­de­ment d’i­mi­ter cet amour.

34 Je vous donne un com­man­de­ment nou­veau: Aimez-vous les uns les autres; comme je vous ai aimés, vous aus­si, aimez-vous les uns les autres. 35 A ceci tous connaî­tront que vous êtes mes dis­ciples, si vous avez de l’a­mour les uns pour les autres. (Jean 13:34–35)

Être chré­tien ne signi­fie pas avoir des valeurs chré­tiennes géné­rales et visi­ter une réunion chré­tienne de temps en temps, tout en vivant autre­ment sa propre vie. Les pre­miers chré­tiens ont com­pris cela comme l’é­crit Jean dans 1 Jean 3:14–18 :

14 Nous savons que nous sommes pas­sés de la mort à la vie, parce que nous aimons les frères. Celui qui n’aime pas demeure dans la mort. 15 Qui­conque hait son frère est un meur­trier, et vous savez qu’au­cun meur­trier n’a la vie éter­nelle demeu­rant en lui. 16 Nous avons connu l’a­mour, en ce qu’il a don­né sa vie pour nous; nous aus­si, nous devons don­ner notre vie pour les frères. 17 Si quel­qu’un pos­sède les biens du monde, et que, voyant son frère dans le besoin, il lui ferme ses entrailles, com­ment l’a­mour de Dieu demeure-t-il en lui? 18 Petits enfants, n’ai­mons pas en paroles et avec la langue, mais en actions et avec vérité.

Cela signi­fie que nous sommes obli­gés de don­ner notre vie pour les frères et d’ai­mer en actes et en véri­té. Qu’est-ce que cela signi­fie pour nous ? Une expres­sion natu­relle de l’a­mour est l’as­pi­ra­tion à la com­mu­nion fra­ter­nelle. La com­mu­nion entre les chré­tiens signi­fie pas­ser du temps ensemble dans le but de connaître Dieu plus pro­fon­dé­ment, de le louer, de le ser­vir, de com­prendre et de faire sa volon­té. De cette façon, le renon­ce­ment à soi-même qui appar­tient à la suite de Jésus devient une réa­li­té pra­tique : Vou­lons-nous conti­nuer à uti­li­ser notre temps libre pour un club de sport, des jeux d’or­di­na­teur ou la lec­ture de romans, comme nous l’a­vons fait dans le pas­sé ? Vou­lons-nous faire des heures sup­plé­men­taires pour déve­lop­per notre car­rière afin de pou­voir ache­ter la mai­son de nos rêves ? Ou sommes-nous prêts à chan­ger de vie, à aban­don­ner nos passe-temps et notre car­rière, en don­nant la bonne prio­ri­té à notre tra­vail et à nos inté­rêts afin d’a­voir du temps pour nos frères et sœurs dans la foi ? Avons-nous le désir de prendre part à leur vie et de leur per­mettre de prendre part à la nôtre ? Vou­lons-nous nous sou­te­nir mutuel­le­ment dans la recherche d’une vie sainte ? Sommes-nous prêts à construire des rela­tions trans­pa­rentes et sin­cères dans les­quelles nous sommes capables d’ad­mettre nos fai­blesses et de confes­ser nos péchés ? Vou­lons-nous prendre du temps ensemble, jour après jour, pour com­prendre Dieu et la Bible de plus en plus profondément ?

Tout comme Jésus a consa­cré sa vie au salut des gens, un chré­tien aura aus­si ce but dans sa vie. Il n’y a rien de plus impor­tant que de faire ce qui aide les autres non seule­ment à trou­ver Dieu, mais à res­ter avec lui. Car il n’est pas évident que tous ceux qui ont com­men­cé sur le che­min étroit attein­dront aus­si le but.  » Sans la sanc­ti­fi­ca­tion, per­sonne ne ver­ra le Sei­gneur  » (Hébreux 12:14) — l’É­cri­ture nous exhorte à nous sou­te­nir les uns les autres chaque jour dans notre lutte pour la sainteté.

12 Pre­nez garde, frères, que quel­qu’un de vous n’ait un cœur mau­vais et incré­dule, au point de se détour­ner du Dieu vivant. 13 Mais exhor­tez-vous les uns les autres chaque jour, aus­si long­temps qu’on peut dire: Aujourd’­hui! afin qu’au­cun de vous ne s’en­dur­cisse par la séduc­tion du péché. 14 Car nous sommes deve­nus par­ti­ci­pants de Christ, pour­vu que nous rete­nions fer­me­ment jus­qu’à la fin l’as­su­rance que nous avions au com­men­ce­ment, … (Hébreux 3:12–14)

Nous ne rece­vrons la vie éter­nelle que si nous res­tons fidèles dans notre obéis­sance jus­qu’à la mort.

Ne crains pas ce que tu vas souf­frir. Voi­ci, le diable jet­te­ra quelques-uns de vous en pri­son, afin que vous soyez éprou­vés, et vous aurez une tri­bu­la­tion de dix jours. Sois fidèle jus­qu’à la mort, et je te don­ne­rai la cou­ronne de vie. (Apo­ca­lypse 2:10)

Dans notre article La vie des pre­miers chré­tiens, vous pou­vez lire une des­crip­tion plus appro­fon­die de l’ap­pli­ca­tion pra­tique de leur amour les uns pour les autres.

7 Un chré­tien aime la vérité

Les gens ont fait de très nom­breuses ten­ta­tives pour appor­ter des réponses aux ques­tions impor­tantes de la vie et de la foi. Mais nous pou­vons trou­ver la bonne réponse, la véri­té, avec Dieu. Il se révèle à nous de diverses manières : par la créa­tion, par notre conscience et plus clai­re­ment dans les écri­tures de l’An­cien et du Nou­veau Testament.

31 Et il dit aux Juifs qui avaient cru en lui: Si vous demeu­rez dans ma parole, vous êtes vrai­ment mes dis­ciples; 32 vous connaî­trez la véri­té, et la véri­té vous affran­chi­ra. (Jean 8:31–32)

La connais­sance de la véri­té, la com­pré­hen­sion cor­recte de Dieu et de sa Parole est vitale pour vivre avec lui. Si nous ne per­met­tons pas à notre propre com­pré­hen­sion de Dieu d’être façon­née par les Saintes Écri­tures, nous croi­rons en notre propre concept de Dieu, un concept qui nous convient. Mais de cette manière, il n’est pas pos­sible d’a­voir une rela­tion avec le Dieu vivant.

Un chré­tien est une per­sonne qui aime la véri­té et qui veut vrai­ment com­prendre Dieu et sa volon­té. Il veut se lais­ser façon­ner par les paroles de la Bible et faire cor­ri­ger les idées fausses et décou­vrir toutes les illu­sions. Tout comme Pierre, chaque dis­ciple de Jésus confes­se­ra que l’en­sei­gne­ment de Jésus est le che­min de la vie éternelle.

68 Simon Pierre lui répon­dit: Sei­gneur, à qui irions-nous? Tu as les paroles de la vie éter­nelle. 69 Et nous avons cru et nous avons connu que tu es le Christ, le Saint de Dieu. (Jean 6:68–69)

De nos jours, lorsque nous par­lons de la Bible avec des per­sonnes reli­gieuses, nous consta­tons sou­vent qu’elles essaient d’ex­pli­quer les pas­sages qui les mettent au défi de chan­ger leur façon de pen­ser et d’a­gir en uti­li­sant des argu­ments non bibliques. Un chré­tien, en revanche, se sou­met à la parole de Dieu. Si nous ne le fai­sons pas, nous igno­rons Jésus lui-même, qui est la véri­té et qui est venu nous révé­ler la vérité.

Le Nou­veau Tes­ta­ment sou­ligne l’im­por­tance de s’en tenir à l’en­sei­gne­ment de Jésus et des Apôtres. Comme les faux ensei­gne­ments conduisent aus­si à un faux style de vie, notre salut dépend de notre volon­té de suivre ou non l’en­sei­gne­ment biblique. Dans 1 Timo­thée 4:16, Paul a écrit à Timo­thée qui por­tait la grande res­pon­sa­bi­li­té de trans­mettre l’en­sei­gne­ment correct :

Veille sur toi-même et sur ton ensei­gne­ment; per­sé­vère dans ces choses, car, en agis­sant ain­si, tu te sau­ve­ras toi-même, et tu sau­ve­ras ceux qui t’écoutent.

S’ac­cro­cher au bon ensei­gne­ment signi­fie aus­si se dis­tan­cer de toute fausse influence. Les chré­tiens ont la res­pon­sa­bi­li­té d’exa­mi­ner ce que d’autres per­sonnes enseignent et d’é­vi­ter la com­mu­nion spi­ri­tuelle avec des per­sonnes qui ne s’ac­crochent pas à l’en­sei­gne­ment de Christ.

8 Pre­nez garde à vous-mêmes, afin que vous ne per­diez pas le fruit de votre tra­vail, mais que vous rece­viez une pleine récom­pense. 9 Qui­conque va plus loin et ne demeure pas dans la doc­trine de Christ n’a point Dieu; celui qui demeure dans cette doc­trine a le Père et le Fils. 10 Si quel­qu’un vient à vous et n’ap­porte pas cette doc­trine, ne le rece­vez pas dans votre mai­son, et ne lui dites pas: Salut! 11 car celui qui lui dit: Salut! par­ti­cipe à ses mau­vaises œuvres. (2 Jean 8–11)


En résu­mé : Un chré­tien est une per­sonne qui répond à l’a­mour de Dieu en dési­rant l’ai­mer en retour de tout son cœur et de toute sa force. Il s’est détour­né de son ancienne vie de pécheur et met main­te­nant sa vie entiè­re­ment à la dis­po­si­tion de Dieu. Il s’ef­force de mener une vie sainte dans l’o­béis­sance à Dieu et la sou­mis­sion à sa parole. Il aime la véri­té et veut com­prendre pro­fon­dé­ment l’en­sei­gne­ment de Jésus et s’y accroche. Il veut consa­crer sa vie entiè­re­ment à aimer ses frères et à les for­ti­fier sur le che­min com­mun avec Dieu. Il veut par­ler de Jésus à ceux qui ne croient pas ou qui sont sur un mau­vais che­min, afin qu’ils puissent eux aus­si trou­ver le vrai Dieu. Les choses qui concernent le Royaume de Dieu ont la plus haute prio­ri­té dans sa vie.


Notes de bas de page

  1. Mat­thieu 7:13–14
  2. Luc 15:11–32
  3. Luc 9:20–22
  4. Marc 9:23


Mat­thieu 7:13–14

Luc 15:11–32

Luc 9:20–22

Marc 9:23