Struc­ture de l’É­glise : Posi­tions ou dif­fé­rents types de services ?

Ce mur est constitué de pierres de taille et de couleurs différentes, mais qui s'assemblent harmonieusement. De même, les chrétiens construisent l'Église avec leurs dons divers. Aucune pierre n'est plus importante qu'une autre.

Dans cet article, nous allons par­ler de notre com­pré­hen­sion des dif­fé­rentes tâches de l’Église.

1 Tous les chré­tiens sont frères et sœurs

Jésus-Christ est le chef de l’é­glise. Il a une rela­tion directe et vivante avec chaque chré­tien sans autre médiateur.

Car il y a un seul Dieu, et aus­si un seul média­teur entre Dieu et les hommes, Jésus Christ homme, … (1 Timo­thée 2:5)

Tous les chré­tiens sont frères et sœurs et ensemble ils prennent soin de l’É­glise — cha­cun selon les dons qu’il a reçus.

… tan­dis que ceux qui sont hon­nêtes n’en ont pas besoin. Dieu a dis­po­sé le corps de manière à don­ner plus d’hon­neur à ce qui en man­quait, afin qu’il n’y ait pas de divi­sion dans le corps, mais que les membres aient éga­le­ment soin les uns des autres. (1 Corin­thiens 12:24,25)

Mais vous, ne vous faites pas appe­ler Rab­bi; car un seul est votre Maître, et vous êtes tous frères. Et n’ap­pe­lez per­sonne sur la terre votre père; car un seul est votre Père, celui qui est dans les cieux. Ne vous faites pas appe­ler direc­teurs; car un seul est votre Direc­teur, le Christ. Le plus grand par­mi vous sera votre ser­vi­teur. Qui­conque s’é­lè­ve­ra sera abais­sé, et qui­conque s’a­bais­se­ra sera éle­vé. (Mat­thieu 23:8–12)

Il existe des dif­fé­rences entre les chré­tiens en termes d’ex­pé­rience, de connais­sance de la Bible et d’o­béis­sance à Dieu. Nous devons être conscients de ces dif­fé­rences, mais ne jamais les consi­dé­rer comme fon­da­men­tales. Nous ne pou­vons pas divi­ser les chré­tiens en deux groupes : ceux qui sont capables de mon­trer la volon­té de Dieu et ceux qui les suivent (par exemple, les reli­gieux et les laïcs ; ceux qui sont bap­ti­sés du Saint-Esprit et ceux qui ne le sont pas, etc.) À la fin du trai­té, nous expli­que­rons cer­tains pas­sages qui sont sou­vent mal uti­li­sés dans ce contexte.

2 La struc­ture de l’E­glise à l’é­poque du Nou­veau Testament

2.1 Les anciens

Dans le livre des Actes des Apôtres, nous pou­vons trou­ver dif­fé­rents exemples où les apôtres ont nom­mé des anciens :

Ils firent nom­mer des anciens dans chaque Église, et, après avoir prié et jeû­né, ils les recom­man­dèrent au Sei­gneur, en qui ils avaient cru. (Actes 14:23)

Les anciens (grec : plus vieux = pres­by­te­ros) sont donc les surveillants/évêques (grec : epis­ko­pos) et les bergers/pasteurs (grec : poi­menes) de l’é­glise. Les termes sont uti­li­sés de manière inter­chan­geable pour les mêmes personnes.

Cepen­dant, de Milet Paul envoya cher­cher à Éphèse les anciens de l’É­glise. (Actes 20:17)

…et dans le même contexte à pro­pos des mêmes per­sonnes :

Pre­nez donc garde à vous-mêmes, et à tout le trou­peau sur lequel le Saint Esprit vous a éta­blis évêques, pour paître l’É­glise du Sei­gneur, qu’il s’est acquise par son propre sang. (Actes 20:28)

L’in­ter­chan­gea­bi­li­té de ces termes montre qu’ils ne décrivent pas les dif­fé­rents niveaux d’une hié­rar­chie. Ils ne font que décrire les dif­fé­rents aspects d’une même tâche. Dans la Bible, « epis­ko­pos » signi­fie sim­ple­ment « ancien ».

Elle n’a rien à voir avec un épis­co­pat ou un évêque, comme il est cou­rant à l’é­poque moderne. Ce n’est qu’au 2ème siècle que l’on a com­men­cé à faire d’une per­sonne le chef d’une église dans une ville. C’é­tait dif­fé­rent à l’é­poque des apôtres, lorsque les com­mu­nau­tés n’é­taient pas diri­gées par une seule per­sonne, mais par plu­sieurs anciens.

Dans Phi­lip­piens 1:1 et dans 1 Pierre 5:1–5, les « anciens » sont au pluriel.

Paul et Timo­thée, ser­vi­teurs de Jésus Christ, à tous les saints en Jésus Christ qui sont à Phi­lippes, aux évêques et aux diacres: … (Phi­lip­piens 1:1)

Voi­ci les exhor­ta­tions que j’a­dresse aux anciens qui sont par­mi vous, moi ancien comme eux, témoin des souf­frances de Christ, et par­ti­ci­pant de la gloire qui doit être mani­fes­tée: Pais­sez le trou­peau de Dieu qui est sous votre garde, non par contrainte, mais volon­tai­re­ment, selon Dieu; non pour un gain sor­dide, mais avec dévoue­ment; non comme domi­nant sur ceux qui vous sont échus en par­tage, mais en étant les modèles du trou­peau. Et lorsque le sou­ve­rain pas­teur paraî­tra, vous obtien­drez la cou­ronne incor­rup­tible de la gloire. De mêmes, vous qui êtes jeunes, soyez sou­mis aux anciens. Et tous, dans vos rap­ports mutuels, revê­tez-vous d’hu­mi­li­té; car Dieu résiste aux orgueilleux, Mais il fait grâce aux humbles. (1 Pierre 5, 1–5)

Dans Actes 14:23 et Tite 1:5, nous lisons que plu­sieurs anciens ont été nommés.

Cette struc­ture était une sorte de pro­tec­tion contre l’hé­ré­sie. Si l’un des anciens s’é­ga­rait, il pou­vait être cor­ri­gé et répri­man­dé par les autres.

Pre­nez donc garde à vous-mêmes, et à tout le trou­peau sur lequel le Saint Esprit vous a éta­blis évêques, pour paître l’É­glise du Sei­gneur, qu’il s’est acquise par son propre sang. Je sais qu’il s’in­tro­dui­ra par­mi vous, après mon départ, des loups cruels qui n’é­par­gne­ront pas le trou­peau, et qu’il s’é­lè­ve­ra du milieu de vous des hommes qui ensei­gne­ront des choses per­ni­cieuses, pour entraî­ner les dis­ciples après eux. (Actes 20:28–30)

C’é­tait aus­si une pro­tec­tion contre le dan­ger qu’une seule per­sonne acquière une posi­tion éle­vée, ce qui est cri­ti­qué dans la 3ème lettre de Jean ver­set 9.

J’ai écrit quelques mots à l’É­glise; mais Dio­trèphe, qui aime à être le pre­mier par­mi eux, ne nous reçoit point.

Le gou­ver­ne­ment col­lec­tif de la com­mu­nau­té chré­tienne, tel que décrit ci-des­sus, ne signi­fie pas que les anciens déter­minent tout. Dans Mat­thieu 18:15–18, Jésus montre que les déci­sions les plus impor­tantes doivent être prises par l’en­semble de l’église.

Si ton frère a péché, va et reprends-le entre toi et lui seul. S’il t’é­coute, tu as gagné ton frère. Mais, s’il ne t’é­coute pas, prends avec toi une ou deux per­sonnes, afin que toute l’af­faire se règle sur la décla­ra­tion de deux ou de trois témoins. S’il refuse de les écou­ter, dis-le à l’É­glise; et s’il refuse aus­si d’é­cou­ter l’É­glise, qu’il soit pour toi comme un païen et un publi­cain. Je vous le dis en véri­té, tout ce que vous lie­rez sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délie­rez sur la terre sera délié dans le ciel. (Mat­thieu 18:15–18)

Chaque chré­tien est res­pon­sable de l’en­sei­gne­ment et des déci­sions les plus impor­tantes de l’É­glise, qui est le Corps du Christ. Un ancien ne doit pas rem­pla­cer la fonc­tion du corps, mais doit prendre soin de sa santé.

2.2 Les diacres

Phi­lip­piens 1:1 men­tionne les diacres. Le mot grec signi­fie « ser­vi­teur », « aide » ou « mes­sa­ger ». Des expres­sions connexes se trouvent dans les Actes 6, 1–6.

… leurs veuves étaient négli­gées dans la dis­tri­bu­tion qui se fai­sait chaque jour. (Actes 6:1 signi­fie lit­té­ra­le­ment « ser­vice quo­ti­dien », en grec : diakonia)

… Il n’est pas conve­nable que nous lais­sions la parole de Dieu pour ser­vir aux tables. (Actes 6:2 « ser­vir », en grec : diaconéine)

La ques­tion contro­ver­sée ici est la dis­tri­bu­tion de nour­ri­ture aux chré­tiens dans le besoin. Les apôtres ont nom­mé sept dis­ciples pour prendre en charge ce minis­tère. Ils ne sont pas appe­lés diacres ici, mais il est très pro­bable que le terme « diacre » uti­li­sé dans Phi­lip­piens 1:1 et 1 Timo­thée 3:8 avait aus­si à voir avec le minis­tère d’or­ga­ni­sa­tion et de dis­tri­bu­tion des biens matériels.

3 La struc­ture de l’é­glise post-apostolique

Après la mort des apôtres Pierre et Paul, la situa­tion n’a pas beau­coup chan­gé. Nous pou­vons le consta­ter dans une lettre que la congré­ga­tion chré­tienne de Rome a écrite à la com­mu­nau­té chré­tienne de Corinthe vers l’an 70 après J.-C. Cette lettre est connue sous le nom de 1ère lettre Cle­ment. Il n’ap­par­tient pas au Nou­veau Tes­ta­ment, nous le citons ici uni­que­ment en tant que docu­ment his­to­rique. Le but prin­ci­pal de cette lettre est le res­pect des anciens. Il dit.. :

« Car ce ne sera pas un petit péché pour nous si nous expul­sons de leurs fonc­tions épis­co­pales les hommes qui ont offert leurs sacri­fices de manière irré­pro­chable et sainte. Heu­reux les pres­bytres qui ont déjà tra­ver­sé le cours de leur vie. Pour ceux-ci du moins, elle s’est dérou­lée jus­qu’au bout et a rap­por­té son fruit. Car ils ne doivent pas craindre d’être chas­sés de la place qui leur est réser­vée. Car il faut voir que vous ayez chas­sé cer­tains de ceux qui ont fait une bonne tran­si­tion du minis­tère sacré, auquel ils avaient don­né tout le cré­dit par une admi­nis­tra­tion impec­cable. » (Pre­mière épître de Clé­ment 44)

Il est écrit ici des pres­bytres (anciens) qui accom­plissent le ser­vice d’un surveillant/évêque. Les termes « epis­ko­pos » (surveillant/évêque) et « pres­by­te­ros » (ancien) sont encore une fois uti­li­sés comme syno­nymes dans cette lettre, mais nous ne lisons rien sur un seul chef. Nous pou­vons en déduire que la struc­ture de l’é­glise du Nou­veau Tes­ta­ment telle que décrite ci-des­sus n’a pas chan­gé, même après la mort des apôtres.

Les apôtres n’ont pas nom­mé de res­pon­sables indi­vi­duels pour les églises locales, même lors­qu’ils sont morts. Ain­si, lorsque Paul a fina­le­ment quit­té l’é­glise d’É­phèse, même s’il était conscient que cer­tains chré­tiens ris­quaient de tom­ber, il a sim­ple­ment dit

Et main­te­nant je vous recom­mande à Dieu et à la parole de sa grâce, … (Actes 20:32)

Au début du deuxième siècle déjà, nous trou­vons des diri­geants indi­vi­duels dans diverses com­mu­nau­tés chré­tiennes locales. On les appe­lait « epis­ko­poi » (surveillants/évêques), ce qui était à l’o­ri­gine un syno­nyme d’an­ciens. Nous pou­vons lire à leur sujet dans les lettres d’I­gnace d’An­tioche (35–110 après J.-C.). Ici, il n’est pas fait réfé­rence à une dési­gna­tion spé­ciale par les apôtres (Les orga­ni­sa­tions catho­liques et ortho­doxes affirment que les « prêtres » doivent être dési­gnés par les suc­ces­seurs des apôtres, par exemple par les évêques = suc­ces­sion apos­to­lique). Sou­li­gner ain­si le rôle d’une seule per­sonne est tota­le­ment étran­ger au Nou­veau Tes­ta­ment. Ignace écrit :

« Vous obéi­rez tous à l’é­vêque comme l’a fait Jésus-Christ le Père… Per­sonne ne fera rien sans l’é­vêque en ce qui concerne l’É­glise. … Par­tout où l’é­vêque se montre, il y a le peuple, tout comme là où se trouve le Christ, il y a aus­si l’É­glise catho­lique. Sans l’é­vêque, on ne peut ni bap­ti­ser ni célé­brer le ban­quet de l’a­mour ; mais tout ce qu’il trouve bon, cela plaît aus­si à Dieu, afin que tout ce qui arrive soit sûr et légal. … Il est bon de connaître Dieu et l’é­vêque. Qui­conque honore l’é­vêque est hono­ré par Dieu ; qui­conque fait quelque chose à l’in­su de l’é­vêque sert le diable. » (Lettre d’I­gnace d’An­tioche aux Smyr­niotes 8,1 — 9,1)

Cette évo­lu­tion se pour­sui­vait, si bien qu’à la fin du 2ème siècle, Iré­née de Lyon consi­dé­ra les epis­ko­poi comme le suc­ces­seur des apôtres.

4 Struc­ture de l’É­glise catho­lique romaine

Les docu­ments du Concile Vati­can II catho­lique romain (1965) affirment que:

« Mais la tâche de décla­rer obli­ga­toire la Parole de Dieu écrite ou trans­mise n’est confiée qu’au Magis­tère vivant de l’É­glise, dont l’au­to­ri­té s’exerce au nom de Jésus-Christ. Le Magis­tère n’est pas au-des­sus de la Parole de Dieu, mais la sert en n’en­sei­gnant rien d’autre que ce qui a été trans­mis ; parce qu’il écoute la Parole de Dieu avec révé­rence, par man­dat divin et avec l’aide du Saint-Esprit, il la garde sainte et l’in­ter­prète fidè­le­ment ; et parce qu’il tire de cet unique tré­sor de la foi tout ce qu’il pré­sente comme croyance révé­lée par Dieu. » (Dei ver­bum 10)

Concrè­te­ment, cela signi­fie qu’une « clé » spé­ciale est néces­saire pour « déchif­frer » la Bible. Selon l’É­glise catho­lique romaine, les prêtres, en tant que repré­sen­tants de l’é­vêque, ont la clé pour recon­naître le sens cor­rect de l’Écriture.

L’a­pôtre Jean a écrit tout autre chose dans sa pre­mière lettre à tous les chrétiens :

Je vous ai écrit ces choses au sujet de ceux qui vous égarent. Pour vous, l’onc­tion que vous avez reçue de lui demeure en vous, et vous n’a­vez pas besoin qu’on vous enseigne; mais comme son onc­tion vous enseigne toutes choses, et qu’elle est véri­table et qu’elle n’est point un men­songe, demeu­rez en lui selon les ensei­gne­ments qu’elle vous a don­nés. (1 Jean 2:26,27)

La clé pour com­prendre les Ecri­tures est le Saint-Esprit qui habite en tous les chré­tiens. Cela signi­fie l’onc­tion à laquelle Jean fait référence.

Dans l’É­glise catho­lique romaine, l’au­to­ri­té des évêques est sou­vent com­pa­rée à celle des apôtres. Nous consi­dé­rons que l’au­to­ri­té des apôtres est unique en rai­son de leur expé­rience per­son­nelle avec Jésus et du rôle qu’ils ont joué dans la fon­da­tion de l’Église.

Ain­si donc, vous n’êtes plus des étran­gers, ni des gens du dehors; mais vous êtes conci­toyens des saints, gens de la mai­son de Dieu. Vous avez été édi­fiés sur le fon­de­ment des apôtres et des pro­phètes, Jésus Christ lui-même étant la pierre angu­laire. (Ephé­siens 2:19,20)

L’a­pôtre Paul relie éga­le­ment son apos­to­li­ci­té au fait qu’il a vu Jésus :

Ne suis-je pas libre? Ne suis-je pas apôtre? N’ai-je pas vu Jésus notre Sei­gneur? N’êtes-vous pas mon oeuvre dans le Sei­gneur? (1 Corin­thiens 9:1)

5 La struc­ture de l’é­glise habi­tuelle dans les églises pro­tes­tantes et dans les églises indépendantes

La plu­part des pro­tes­tants et des églises indé­pen­dantes rejettent la doc­trine catho­lique romaine du pou­voir d’en­sei­gne­ment des évêques. En même temps, cepen­dant, ils voient géné­ra­le­ment la néces­si­té de nom­mer un pas­teur à la place des anciens. Le pas­teur assume la tâche de prê­cher dans l’é­glise et a le der­nier mot dans les déci­sions impor­tantes. Pour étayer ce point, Timo­thée et Tite sont sou­vent cités comme argu­ments, car ils étaient les col­la­bo­ra­teurs de Paul et avaient une auto­ri­té signi­fi­ca­tive à Éphèse et en Crète (1 Timo­thée 1:3 ; Tite 1:5). Cet argu­ment ne tient pas compte du fait que ces col­la­bo­ra­teurs ont été lais­sés dans ces villes pour ache­ver l’œuvre de l’a­pôtre. Ils n’y sont pas res­tés indé­fi­ni­ment, et aucun poste ou fonc­tion n’a été créé pour pour­suivre leur rôle après leur départ.

Jérôme, l’un des Pères de l’É­glise du IVe siècle, ne consi­dé­rait pas cette forme répan­due de direc­tion de l’É­glise comme don­née par le Sei­gneur, mais comme s’é­tant déve­lop­pée plus tard au sein de l’É­glise. Il a écrit :

« … Avant que des par­tis ne soient for­més dans [notre] reli­gion par l’in­ci­ta­tion du diable et avant qu’il ne soit dit par­mi les hommes : « J’ap­par­tiens à Paul, à Apol­los et à Céphas », les églises étaient diri­gées ensemble par un conseil pres­by­té­ral. Dès que cha­cun d’entre eux a com­men­cé à consi­dé­rer les bap­ti­sés comme siens et non comme venant du Christ, il a été déci­dé pour le monde entier qu’un indi­vi­du choi­si par­mi les pres­bytres [dans chaque église — note du tra­duc­teur] devait être pla­cé au-des­sus des autres pour s’oc­cu­per de l’é­glise entière. Ain­si, les germes du schisme ont été éli­mi­nés. … Pour cette rai­son, les diri­geants doivent noter qu’ils sont nom­més selon une cou­tume éta­blie et non en rai­son d’un com­man­de­ment du Sei­gneur sur les pres­bytres. Ils devaient diri­ger ensemble la congré­ga­tion, en imi­tant Moïse qui, bien qu’il ait pu seul diri­ger Israël, a choi­si soixante-dix hommes avec les­quels il a jugé le peuple ensemble. » (Jérôme, Com­men­ta­rius in epis­tu­lam Pau­li ad Titum 1,5)

Mais l’in­tro­duc­tion d’une « habi­tude » créée par l’homme n’est pas une solu­tion spi­ri­tuelle à un problème.

6 Notre conclusion

1. Aucun homme n’est infaillible. Tout chré­tien a besoin de cor­rec­tion. Chaque chré­tien doit gran­dir pour être capable de por­ter des res­pon­sa­bi­li­tés. Nous ne consi­dé­rons pas comme un guide de Dieu le fait de nom­mer un seul diri­geant pour l’é­glise ou la com­mu­nau­té chré­tienne locale.

2. Une église a besoin d’an­ciens qui se sou­cient de la bonne doc­trine et de la bonne vie. Leur auto­ri­té ne doit pas être fon­dée sur un diplôme uni­ver­si­taire, mais sur les ver­tus chré­tiennes, l’ex­pé­rience et la capa­ci­té d’en­sei­gne­ment. Il y a des anciens dans l’é­glise qui n’ont pas été offi­ciel­le­ment nom­més par qui que ce soit ou par les anciens pré­cé­dents. Une nomi­na­tion offi­cielle des anciens devrait per­mettre de déter­mi­ner clai­re­ment qui est capable de s’ac­quit­ter de cette tâche. Dans nos cir­cons­tances, nous ne voyons pas la néces­si­té de le faire car notre fra­ter­ni­té a gran­di pas à pas et nous nous connais­sons bien. Nous connais­sons aus­si nos anciens. Cela ne change rien à leur rôle, et tout ce que nous avons dit sur les anciens peut leur être appli­qué. Ils par­ti­cipent à notre vie et nous par­ti­ci­pons à la leur. Nos anciens gagnent leur argent dans des emplois nor­maux comme les autres. Ils ont éga­le­ment besoin d’en­cou­ra­ge­ment et d’ex­hor­ta­tion, comme les autres. Eux aus­si confessent leurs péchés à cha­cun des autres chré­tiens. Les anciens ne sont pas les seuls à enseigner.

3. Nous ne devrions pas nous réunir pour consom­mer un pro­gramme, mais y par­ti­ci­per acti­ve­ment. Il n’est pas dif­fi­cile de par­ti­ci­per à des évé­ne­ments avec un pro­gramme. Mais cela ne nous apprend pas à prendre nos res­pon­sa­bi­li­tés. Si les chré­tiens n’ap­prennent pas à assu­mer la res­pon­sa­bi­li­té de l’é­glise, une évo­lu­tion vers la mau­vaise struc­ture est inévi­table. Aimer les autres, c’est en assu­mer la res­pon­sa­bi­li­té. L’a­pôtre Paul nous encou­rage à le faire.

Pour ce qui vous concerne, mes frères, je suis moi-même per­sua­dé que vous êtes pleins de bonnes dis­po­si­tions, rem­plis de toute connais­sance, et capables de vous exhor­ter les uns les autres. (Romains 15:14)

Frères, si un homme vient à être sur­pris en quelque faute, vous qui êtes spi­ri­tuels, redres­sez-le avec un esprit de dou­ceur. Prends garde à toi-même, de peur que tu ne sois aus­si ten­té. (Galates 6:1)

En fai­sant cela, nous pou­vons construire une uni­té qui n’est pas ordon­née d’en haut, mais qui vient de notre cœur. Cette uni­té peut aus­si être un témoi­gnage pour le monde.

Mais si tous pro­phé­tisent, et qu’il sur­vienne quelque non-croyant ou un homme du peuple, il est convain­cu par tous, il est jugé par tous, les secrets de son coeur sont dévoi­lés, de telle sorte que, tom­bant sur sa face, il ado­re­ra Dieu, et publie­ra que Dieu est réel­le­ment au milieu de vous. (1 Corin­thiens 14:24–25)

Chaque jour, nous appre­nons à por­ter cette res­pon­sa­bi­li­té en pra­ti­quant l’hu­mi­li­té. C’est l’hu­mi­li­té qui nous rend capables d’é­cou­ter les autres — nos frères et sœurs spi­ri­tuels plus âgés, mais aus­si plus jeunes.

De mêmes, vous qui êtes jeunes, soyez sou­mis aux anciens. Et tous, dans vos rap­ports mutuels, revê­tez-vous d’hu­mi­li­té; car Dieu résiste aux orgueilleux, Mais il fait grâce aux humbles. (1 Pierre 5:5)

7 Pas­sages de la Bible cités pour jus­ti­fier la struc­ture actuelle

Il y a deux pas­sages dans les­quels le mot « surveillant/évêque » (epis­ko­pos) appa­raît au singulier.

Ce sont les sui­vantes : 1 Timo­thée 3:2 et Tite 1:7

Tite 1:5 se réfère aux mêmes per­sonnes, ce qui montre que plu­sieurs anciens ou diri­geants sont sup­po­sés dans une église.

Paul décrit ici les condi­tions préa­lables néces­saires au minis­tère en tant qu’an­ciens de l’é­glise, mais il ne veut pas dire qu’il ne devrait y avoir qu’un seul diri­geant. Le fait que dans 1 Timo­thée 3:8 les ser­vi­teurs soient men­tion­nés au plu­riel n’é­taye cela non plus. Il existe sim­ple­ment dif­fé­rentes façons de défi­nir les condi­tions néces­saires à l’ac­com­plis­se­ment des tâches res­pec­tives. (un exemple simple : les motos ont géné­ra­le­ment deux roues, mais une voi­ture en a tou­jours quatre)

En Hébreux 13, les conduc­teurs sont men­tion­nés deux fois. Au ver­set 7, ce sont les apôtres et les anciens de la pre­mière époque, au ver­set 17, les anciens au moment de la rédac­tion de la lettre. Il s’a­git sim­ple­ment d’une dési­gna­tion dif­fé­rente pour le minis­tère des anciens ou des diri­geants, ce qui indique encore une fois qu’il n’y avait pas de posi­tions avec des dési­gna­tions fixes par­mi les pre­miers chrétiens.

Jacques, le frère du Sei­gneur, est sou­vent dési­gné comme le chef de la congré­ga­tion de Jéru­sa­lem parce qu’il est men­tion­né sépa­ré­ment à cer­tains endroits (par exemple dans Actes 12:17 et 21:18). Il a éga­le­ment pro­non­cé le der­nier mot lors du « Conseil des Apôtres ». Il est incon­tes­table qu’il avait une grande auto­ri­té par­mi les chré­tiens. Son obéis­sance et sa pro­fonde com­pré­hen­sion de l’en­sei­gne­ment de Jésus sont éga­le­ment évi­dentes dans l’É­pître de Jacques. Même les non-chré­tiens l’ap­pe­laient « Jacques le Juste ». Mais il y a une grande dif­fé­rence entre un croyant ayant une auto­ri­té spé­ciale grâce à sa dévo­tion par­ti­cu­lière, et la fonc­tion de chef de l’é­glise. Une telle posi­tion n’exis­tait dans aucune église à l’é­poque. Comme déjà men­tion­né ci-des­sus, la ten­ta­tive de vou­loir être le pre­mier a été vive­ment cri­ti­quée par l’a­pôtre Jean (3 Jean).

Sur la per­sonne de Pierre et sur le fait qu’il ait été l’é­vêque de Rome ou même le pre­mier pape, nous ren­voyons à notre article sur la papau­té (à venir).

Bien sûr, vous êtes les bien­ve­nus pour nous écrire ce que vous pen­sez de ces pen­sées et de ces pas­sages bibliques !