La vie des pre­miers chrétiens

Des bulbes de tulipes en pleine croissance symbolisant la première récolte du peuple nouvellement élu par Dieu.

 

Aujourd’hui, on pense sou­vent que dans les cir­cons­tances actuelles on ne peut plus vivre comme le fai­saient les chré­tiens au pre­mier siècle ou que les gens de l’église pri­mi­tive n’ont pro­ba­ble­ment par­ta­gé la vie si inten­sé­ment entre eux que dans leur pre­mier enthousiasme.

Nous vou­drions mon­trer que la vie des pre­miers chré­tiens était une conti­nua­tion de ce que les dis­ciples de Jésus ont vu dans la vie de leur Maître. Ils ont com­pris que le don de la vie de Jésus est l’archétype de tout véri­table culte et que suivre Jésus signi­fie exac­te­ment cela : être prêt à consa­crer toute sa vie — comme lui — à Dieu, aux frères et sœurs et à la crois­sance du Royaume de Dieu, quelle qu’en soit la signi­fi­ca­tion pour sa propre vie. Il en était ain­si à l’époque et il ne peut en être autre­ment aujourd’hui.

Pour­quoi la pra­tique actuelle est-elle sou­vent différente ?

Aujourd’­hui, de nom­breuses per­sonnes ne pensent à Dieu que le dimanche. Ils consi­dèrent le fait d’être chré­tien plu­tôt comme un hob­by. Cette réa­li­té n’est pas le résul­tat néces­saire d’un chan­ge­ment de cir­cons­tances sociales. C’est plu­tôt l’ex­pres­sion que les gens veulent certes le salut d’une manière ou d’une autre. Tou­te­fois, ils ne sont pas prêts à suivre le che­min étroit de Jésus. Du temps de Jésus aus­si, il y avait des per­sonnes avec un tel état d’es­prit et il les a averties :

Pour­quoi m’ap­pe­lez-vous Sei­gneur, Sei­gneur ! et ne faites-vous pas ce que je dis ? Je vous mon­tre­rai à qui est sem­blable tout homme qui vient à moi, entend mes paroles, et les met en pra­tique. Il est sem­blable à un homme qui, bâtis­sant une mai­son, a creu­sé, creu­sé pro­fon­dé­ment, et a posé le fon­de­ment sur le roc. Une inon­da­tion est venue, et le tor­rent s’est jeté contre cette mai­son, sans pou­voir l’é­bran­ler, parce qu’elle était bien bâtie. Mais celui qui entend, et ne met pas en pra­tique, est sem­blable à un homme qui a bâti une mai­son sur la terre, sans fon­de­ment. Le tor­rent s’est jeté contre elle : aus­si­tôt elle est tom­bée, et la ruine de cette mai­son a été grande. (Luc 6:46–49)

1. L’exemple de Jésus pour les disciples

Lors­qu’on a deman­dé un jour à Jésus quel était le com­man­de­ment le plus impor­tant, il a répon­du ceci :

Voi­ci le pre­mier : Écoute, Israël, le Sei­gneur, notre Dieu, est l’u­nique Sei­gneur ; et : Tu aime­ras le Sei­gneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pen­sée, et de toute ta force. Voi­ci le second : Tu aime­ras ton pro­chain comme toi-même. Il n’y a pas d’autre com­man­de­ment plus grand que ceux-là. (Marc 12:29–31)

Et lorsque Jésus a don­né aux dis­ciples, lors de leur der­nière nuit ensemble, le nou­veau com­man­de­ment de s’ai­mer les uns les autres comme il les a aimés (Jean 13:34–35), il leur a pré­sen­té sa propre vie comme modèle de l’ac­com­plis­se­ment du plus grand com­man­de­ment. A ce moment-là, les dis­ciples n’a­vaient sans doute pas encore com­pris pro­fon­dé­ment cet amour, car la preuve la plus forte de son amour — le pas vers la mort injuste et cruelle sur la croix — n’a­vait pas encore été faite. Mais en étant quo­ti­dien­ne­ment avec lui, ils ont déjà vu beau­coup de choses :

Dans tout cela, ils ont vu son atti­tude dés­in­té­res­sée : qu’il était prêt à don­ner et à ser­vir sans attendre de récom­pense ou de remer­cie­ment de la part des gens (Mat­thieu 20:25, 28).

2. La nais­sance et la vie de l’Église

En Actes 2:36–47, nous trou­vons le texte sui­vant. Il contient la der­nière phrase du ser­mon de Pierre aux Juifs de Jéru­sa­lem après l’événement de la Pen­te­côte et la réac­tion de ceux qui ont cru :

Que toute la mai­son d’Israël sache donc avec cer­ti­tude que Dieu a fait Sei­gneur et Christ ce Jésus que vous avez cru­ci­fié. Après avoir enten­du ce dis­cours, ils eurent le cœur vive­ment tou­ché, et ils dirent à Pierre et aux autres apôtres : Hommes frères, que ferons-nous ? Pierre leur dit : Repen­tez-vous, et que cha­cun de vous soit bap­ti­sé au nom de Jésus Christ, pour le par­don de vos péchés ; et vous rece­vrez le don du Saint Esprit. Car la pro­messe est pour vous, pour vos enfants, et pour tous ceux qui sont au loin, en aus­si grand nombre que le Sei­gneur notre Dieu les appel­le­ra. Et, par plu­sieurs autres paroles, il les conju­rait et les exhor­tait, disant : Sau­vez-vous de cette géné­ra­tion perverse.
Ceux qui acce­ptèrent sa parole furent bap­ti­sés ; et, en ce jour-là, le nombre des dis­ciples s’augmenta d’environ trois mille âmes. Ils per­sé­vé­raient dans l’enseignement des apôtres, dans la com­mu­nion fra­ter­nelle, dans la frac­tion du pain, et dans les prières. La crainte s’emparait de cha­cun, et il se fai­sait beau­coup de pro­diges et de miracles par les apôtres. Tous ceux qui croyaient étaient dans le même lieu, et ils avaient tout en com­mun. Ils ven­daient leurs pro­prié­tés et leurs biens, et ils en par­ta­geaient le pro­duit entre tous, selon les besoins de cha­cun. Ils étaient chaque jour tous ensemble assi­dus au temple, ils rom­paient le pain dans les mai­sons, et pre­naient leur nour­ri­ture avec joie et sim­pli­ci­té de cœur, louant Dieu, et trou­vant grâce auprès de tout le peuple. Et le Sei­gneur ajou­tait chaque jour à l’Église ceux qui étaient sauvés.

Tout comme Jésus (par exemple en Marc 1:14–15), Pierre a éga­le­ment mis l’appel à la repen­tance au début de son dis­cours. Se détour­ner de l’ancienne vie domi­née par le péché est la condi­tion préa­lable à une nou­velle vie en tant qu’enfant de Dieu. Celui qui veut appar­te­nir à Dieu doit entrer dans la lumière avec ses péchés, qui le séparent de Dieu, mais aus­si de ses semblables.

La nou­velle que nous avons apprise de lui, et que nous vous annon­çons, c’est que Dieu est lumière, et qu’il n’y a point en lui de ténèbres. Si nous disons que nous sommes en com­mu­nion avec lui, et que nous mar­chions dans les ténèbres, nous men­tons, et nous ne pra­ti­quons pas la véri­té. Mais si nous mar­chons dans la lumière, comme il est lui-même dans la lumière, nous sommes mutuel­le­ment en com­mu­nion, et le sang de Jésus son Fils nous puri­fie de tout péché. (1 Jean 1:5–7)

L’homme ne peut s’approcher du Dieu saint qu’avec un cœur sin­cère. Lorsque quelqu’un révèle ses péchés devant Dieu, Dieu peut lui par­don­ner et faire de lui une nou­velle per­sonne gui­dée par l’Esprit de Dieu. Et l’Esprit de Dieu conduit l’homme à l’amour. Les dis­ciples de Jésus avaient appris de leur Maître que l’amour signi­fie le dévoue­ment de toute sa vie selon la volon­té de Dieu. C’est éga­le­ment ce qui a façon­né la vie des croyants de l’église pri­mi­tive. L’amour que Dieu déverse dans le cœur de cha­cun de ses enfants les a pous­sés à ne plus vivre pour eux-mêmes (2 Corin­thiens 5:14–15).

C’est pour­quoi les pre­miers chré­tiens étaient prêts à se libé­rer de tout ce qui les empê­chait dans leur ser­vice à Dieu et au salut des hommes, par exemple de leurs mai­sons, leurs champs, leurs membres de la famille, leurs propres pro­jets … Ils savaient par Jésus que d’une part il n’y a pas d’autre voie et que d’autre part il y a aus­si une promesse :

Pierre se mit à lui dire : Voi­ci, nous avons tout quit­té, et nous t’avons sui­vi. Jésus répon­dit: Je vous le dis en véri­té, il n’est per­sonne qui, ayant quit­té, à cause de moi et à cause de la bonne nou­velle, sa mai­son, ou ses frères, ou ses sœurs, ou sa mère, ou son père, ou ses enfants, ou ses terres, ne reçoive au cen­tuple, pré­sen­te­ment dans ce siècle-ci, des mai­sons, des frères, des sœurs, des mères, des enfants, et des terres, avec des per­sé­cu­tions, et, dans le siècle à venir, la vie éter­nelle. (Marc 10:28–30)

La volon­té de se renier, de renon­cer à une vie auto­dé­ter­mi­née les a ren­dus libres pour les choses qui concernent le royaume de Dieu. Chaque jour, ils pas­saient du temps sur le ter­rain du temple, où ils pou­vaient par­ler à beau­coup de leurs conci­toyens et témoi­gner de Jésus, le Mes­sie. Chez eux, ils se réunis­saient quo­ti­dien­ne­ment. Lors de ces réunions, per­sonne n’est res­té ano­nyme. Il n’y avait pas de litur­gies ou de pro­grammes aux­quels on pou­vait assis­ter « sans obli­ga­tion ». Ils ont vécu de manière très pra­tique car ils sont deve­nus frères, sœurs, parents, enfants les uns pour les autres, même s’ils étaient aupa­ra­vant des mar­gi­naux de la socié­té ou même des enne­mis. La com­mu­nau­té était ouverte à tous : riches et pauvres, hommes et femmes, juifs et gen­tils, esclaves et libres, jeunes et vieux.

Leur vie com­mu­nau­taire était basée sur ce que les apôtres leur ont appris sur la vie de Jésus, ses com­man­de­ments, la nature de Dieu et sa volon­té. Tout comme Jésus a ser­vi le peuple, ils se sont aus­si ser­vis les uns les autres, se sont encou­ra­gés, admo­nes­tés, récon­for­tés et cor­ri­gés. Parce qu’ils pas­saient le plus de temps pos­sible ensemble dans une com­mu­nion spi­ri­tuelle, ils se connais­saient vrai­ment et savaient où le frère ou la sœur avait besoin d’aide. Le véri­table amour ne peut se réa­li­ser dans des rela­tions qui res­tent super­fi­cielles et fugaces parce que l’on ne veut pas ouvrir sa vie pri­vée à l’autre. Les chré­tiens de cette époque par­ta­geaient joies et peines, confes­saient leurs fai­blesses et leurs péchés (Jacques 5:16) et s’entraidaient dans leur lutte pour la foi.

Tout a été fait dans le désir de se sou­te­nir mutuel­le­ment pour vivre une vie sainte et agréable à Dieu, afin que tous ensemble puissent atteindre le but de la foi : la joie éter­nelle en pré­sence de Dieu. L’importance de l’encouragement fra­ter­nel quo­ti­dien pour le salut est clai­re­ment expri­mée dans Hébreux 3:12–14 :

Pre­nez garde, frères, que quelqu’un de vous n’ait un cœur mau­vais et incré­dule, au point de se détour­ner du Dieu vivant. Mais exhor­tez-vous les uns les autres chaque jour, aus­si long­temps qu’on peut dire : Aujourd’hui ! afin qu’aucun de vous ne s’endurcisse par la séduc­tion du péché. Car nous sommes deve­nus par­ti­ci­pants de Christ, pour­vu que nous rete­nions fer­me­ment jusqu’à la fin l’assurance que nous avions au commencement…

Par leur amour, leur dévo­tion et leur uni­té, les pre­miers chré­tiens ont été la lumière dont Jésus a par­lé (Mat­thieu 5:14–16) et cela a impres­sion­né les gens autour d’eux. Pour­tant, per­sonne n’osait se joindre à eux à moins d’avoir aus­si ce désir d’une vie sainte (Actes 5:12, 14).

Ain­si, la foi com­mune en Jésus en tant que Sau­veur et en la véri­té de ses paroles les a pro­fon­dé­ment liés. Mais cela signi­fiait aus­si que le lien était détruit si quelqu’un vou­lait prendre un che­min auto­dé­ter­mi­né et ne plus aimer de façon dés­in­té­res­sée. L’exemple d’Ananie et de Saphire (Actes 5:1–11) le montre clai­re­ment. Dans l’église de Dieu, les per­sonnes non sin­cères ne peuvent pas exis­ter. Car la confiance qui est abso­lu­ment néces­saire au ser­vice com­mun de Dieu est détruite s’il n’y a plus de recherche hon­nête de la volon­té de Dieu.

3. La com­mu­nau­té de biens

Dans le pas­sage déjà cité de Marc 10,28–30, Jésus a éga­le­ment pro­mis aux dis­ciples des mai­sons et des champs. Cette pro­messe s’est réa­li­sée dans le fait que les chré­tiens ne consi­dé­raient plus ce qu’ils avaient comme leur pro­prié­té pri­vée. Tout leur était com­mun et ils par­ta­geaient leurs biens avec les frères et sœurs dans la foi. Per­sonne ne le pres­cri­vait pour eux et c’était dans leur libre déci­sion de conscience devant Dieu com­ment ils uti­li­saient leurs biens.

Pour les per­sonnes exté­rieures aus­si, la com­mu­nau­té de biens était une expres­sion très claire de la confiance et de la pro­fonde har­mo­nie et soli­da­ri­té entre les chré­tiens. On ne trouve rien de tel dans le monde. Parce qu’ils étaient deve­nus de nou­velles per­sonnes, ils ne s’accrochaient plus à leurs pos­ses­sions ter­restres. Les biens impé­ris­sables étaient leur tré­sor le plus pré­cieux, pour lequel ils ont don­né leur vie (Mat­thieu 13:44–46). Il était donc natu­rel qu’ils uti­li­saient aus­si les biens péris­sables pour le Royaume de Dieu. Ils n’ont pas tout mis dans une caisse com­mune, mais ceux qui avaient quelque chose l’ont don­né là où c’é­tait nécessaire.

La mul­ti­tude de ceux qui avaient cru n’était qu’un cœur et qu’une âme. Nul ne disait que ses biens lui appar­te­naient en propre, mais tout était com­mun entre eux. Les apôtres ren­daient avec beau­coup de force témoi­gnage de la résur­rec­tion du Sei­gneur Jésus. Et une grande grâce repo­sait sur eux tous. Car il n’y avait par­mi eux aucun indi­gent : tous ceux qui pos­sé­daient des champs ou des mai­sons les ven­daient, appor­taient le prix de ce qu’ils avaient ven­du, et le dépo­saient aux pieds des apôtres ; et l’on fai­sait des dis­tri­bu­tions à cha­cun selon qu’il en avait besoin. (Actes 4:32–35)

Dans cer­taines églises libres, la pra­tique de la dîme (c’est-à-dire 10 % du reve­nu) est deve­nue cou­rante et beau­coup pensent pro­ba­ble­ment qu’elle est biblique. Certes, on trouve quelque chose sur la dîme dans la Bible, mais ce n’est pas une pra­tique cou­rante chez les chré­tiens. Dans l’Ancien Tes­ta­ment, la dîme était des­ti­née, entre autres, à per­mettre le minis­tère des prêtres et des lévites, à finan­cer les sacri­fices dans le temple et à aider les pauvres. Mais nulle part dans le Nou­veau Tes­ta­ment il n’y a d’indication que les chré­tiens pra­ti­quaient une telle chose entre eux.

Ce que nous consta­tons au contraire, c’est qu’ils ont tout par­ta­gé. Cette confiance a été pos­sible parce qu’ils connais­saient la vie des autres. Ain­si, ils connais­saient la sin­cé­ri­té de leurs frères dans la recherche de la volon­té de Dieu et pou­vaient éga­le­ment confier leur argent ou d’autres biens aux autres pour l’usage pré­vu par Dieu. La com­mu­nau­té de biens n’était pas le résul­tat d’une eupho­rie ini­tiale, comme on l’affirme sou­vent à tort aujourd’hui, mais plu­tôt une expres­sion pra­tique de leur amour les uns pour les autres (1 Jean 3:16,18).

4. L’importance de l’enseignement et l’unité

L’amour des chré­tiens pour Dieu et pour la véri­té s’est éga­le­ment expri­mé dans le fait qu’ils vou­laient suivre fidè­le­ment les com­man­de­ments de Jésus et trans­mettre son mes­sage sans faille. Ils étaient conscients que seule cette voie unique, que Jésus a ensei­gnée et illus­trée (Évan­gile de Jean 14:6), mène à la vie. Il ne s’agissait pas de l’acceptation théo­rique de décla­ra­tions doc­tri­nales indi­vi­duelles, mais de s’en tenir aux paroles de Jésus dans les situa­tions concrètes de leur propre vie. Il était donc impor­tant pour eux de bien com­prendre ce qu’ils avaient enten­du sur Jésus et les apôtres :

Ils per­sé­vé­raient dans l’enseignement des apôtres, dans la com­mu­nion fra­ter­nelle, dans la frac­tion du pain, et dans les prières …. (Actes 2:42)

Les chré­tiens ont uti­li­sé la com­mu­nau­té quo­ti­dienne pour étu­dier et réflé­chir à la Parole de Dieu. De cette façon, Dieu pour­rait les aider à s’entendre sur ce qui est le bon ensei­gne­ment sur Dieu et sa volon­té. Il était impor­tant pour eux que cha­cun puisse appor­ter ses réflexions et ses ques­tions (1 Corin­thiens 14:26).

Dans la prière de Jésus, la veille de sa cru­ci­fixion, on peut voir com­bien il était impor­tant pour lui que ses dis­ciples recon­naissent ensemble la véri­té et vivent dans une pro­fonde uni­té les uns avec les autres. Il fait même dépendre sa propre cré­di­bi­li­té de la réa­li­sa­tion de l’unité entre tous les chrétiens :

Sanc­ti­fie-les par ta véri­té : ta parole est la véri­té. … Ce n’est pas pour eux seule­ment que je prie, mais encore pour ceux qui croi­ront en moi par leur parole, afin que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et comme je suis en toi, afin qu’eux aus­si soient un en nous, pour que le monde croie que tu m’as envoyé. Je leur ai don­né la gloire que tu m’as don­née, afin qu’ils soient un comme nous sommes un, — moi en eux, et toi en moi, afin qu’ils soient par­fai­te­ment un, et que le monde connaisse que tu m’as envoyé et que tu les as aimés comme tu m’as aimé. (Évan­gile de Jean 17:17+20–23)

Déjà à l’époque des pre­miers chré­tiens sont appa­rus des gens qui défor­maient le mes­sage de Dieu par leurs propres pen­sées et idées, parce qu’ils ne vou­laient pas vrai­ment se sou­mettre à Dieu. Le Nou­veau Tes­ta­ment met en garde contre eux :

Bien-aimés, n’ajoutez pas foi à tout esprit ; mais éprou­vez les esprits, pour savoir s’ils sont de Dieu, car plu­sieurs faux pro­phètes sont venus dans le monde … (1 Jean 4:1)

Grâce à l’effort com­mun des chré­tiens pour l’unité de la doc­trine, de fausses doc­trines pour­raient être expo­sées. Les fausses doc­trines sont éga­le­ment la rai­son de l’appel sui­vant de Jude à faire tout ce qui est en leur pou­voir pour pré­ser­ver la bonne foi :

Bien aimés, comme je dési­rais vive­ment vous écrire au sujet de notre salut com­mun, je me suis sen­ti obli­gé de le faire afin de vous exhor­ter à com­battre pour la foi qui a été trans­mise aux saints une fois pour toutes. (Jude 3)

Les chré­tiens se dis­tan­çaient clai­re­ment des per­sonnes qui répan­daient de faux enseignements.

Pre­nez garde à vous-mêmes, afin que vous ne per­diez pas le fruit de votre tra­vail, mais que vous rece­viez une pleine récom­pense. Qui­conque va plus loin et ne demeure pas dans la doc­trine de Christ n’a point Dieu ; celui qui demeure dans cette doc­trine a le Père et le Fils. Si quelqu’un vient à vous et n’apporte pas cette doc­trine, ne le rece­vez pas dans votre mai­son, et ne lui dites pas : Salut ! car celui qui lui dit : Salut ! par­ti­cipe à ses mau­vaises œuvres. (2 Jean 8–11)

… afin que tu saches, si je tarde, com­ment il faut se conduire dans la mai­son de Dieu, qui est l’Église du Dieu vivant, la colonne et l’appui de la véri­té. (1 Timo­thée 3:15)

Cela n’est pos­sible que si l’enseignement de Jésus est le fon­de­ment de la foi, de la vie, de la pro­cla­ma­tion et de l’unité dans l’Église.
Jésus, s’étant appro­ché, leur par­la ainsi :

Tout pou­voir m’a été don­né dans le ciel et sur la terre. Allez, faites de toutes les nations des dis­ciples, les bap­ti­sant au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, et ensei­gnez-leur à obser­ver tout ce que je vous ai pres­crit. Et voi­ci, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde. (Mat­thieu 28:18–20)

5. Des mou­tons par­mi les loups

Au début, les chré­tiens de Jéru­sa­lem étaient tenus en haute estime par le peuple. Mais bien­tôt la per­sé­cu­tion com­men­ça, comme Jésus l’a pré­dit dans les mots suivants :

Voi­ci, je vous envoie comme des bre­bis au milieu des loups. Soyez donc pru­dents comme les ser­pents, et simples comme les colombes. Met­tez-vous en garde contre les hommes ; car ils vous livre­ront aux tri­bu­naux, et ils vous bat­tront de verges dans leurs syna­gogues ; vous serez menés, à cause de moi, devant des gou­ver­neurs et devant des rois, pour ser­vir de témoi­gnage à eux et aux païens. Mais, quand on vous livre­ra, ne vous inquié­tez ni de la manière dont vous par­le­rez ni de ce que vous direz : ce que vous aurez à dire vous sera don­né à l’heure même ; car ce n’est pas vous qui par­le­rez, c’est l’Esprit de votre Père qui par­le­ra en vous. Le frère livre­ra son frère à la mort, et le père son enfant ; les enfants se sou­lè­ve­ront contre leurs parents, et les feront mou­rir. Vous serez haïs de tous, à cause de mon nom ; mais celui qui per­sé­vé­re­ra jusqu’à la fin sera sau­vé. (Mat­thieu 10:16–22)

Les chefs reli­gieux des Juifs ont essayé dès le début d’empêcher la pro­pa­ga­tion de cette nou­velle « secte » (Actes 24:5+14). Ils crai­gnaient pour leur influence sur le peuple, leur hon­neur devant le peuple et ne vou­laient pas entendre la véri­té sur leur vie. Ils ont donc inter­dit aux apôtres de par­ler, les ont fait fouet­ter et empri­son­ner. Mais…

… chaque jour, dans le temple et dans les mai­sons, ils ne ces­saient d’en­sei­gner, et d’an­non­cer la bonne nou­velle de Jésus Christ. (Actes 5:42)

Étienne a confron­té les membres du haut conseil à leur culpa­bi­li­té pour le meurtre du juste ser­vi­teur (Jésus) et a vou­lu leur mon­trer à quel point ils résis­taient à Dieu. Il a été lapi­dé pour cela et a ain­si été le pre­mier à suivre son Sei­gneur dans le mar­tyre. Nous savons éga­le­ment, grâce aux rap­ports sur Paul, qu’il devait subir des per­sé­cu­tions en rai­son de son acti­vi­té d’évangélisation, sou­vent par des Juifs, mais aus­si par des païens.

Les chré­tiens n’étaient pas des conci­toyens adap­tés à l’esprit du temps. En tant que membres de la mai­son de Dieu (Ephé­siens 2:19), ils étaient atta­chés à la véri­té de l’Evangile. Ils s’y tenaient, même contre la résis­tance de ceux qui ne vou­laient pas être appe­lés à la repen­tance. Ils vou­laient mon­trer par leur vie quelle est la volon­té de Dieu pour tous les hommes. Paul les encou­ra­geait à briller comme des lumières célestes au milieu d’une géné­ra­tion tor­due et per­verse (Phi­lip­pians 2:14–16).

Ils se sont détour­nés des valeurs du monde, et ils savaient que l’amitié avec le monde signi­fie l’inimitié contre Dieu (Jacques 4:4). Leurs valeurs et leurs œuvres étaient donc très dif­fé­rentes de celles des per­sonnes qui les entou­raient, qui vou­laient vivre de manière auto­dé­ter­mi­née et selon leurs propres dési­rs. Pour ceux qui n’acceptaient pas ce témoi­gnage de l’œuvre de Dieu, cela condui­sait à un endur­cis­se­ment de leur cœur, voire à un rejet violent de l’Évangile et de ceux qui le proclamaient.

Même aux IIe et IIIe siècles, ceux qui pro­fes­saient la foi en Jésus étaient encore des mar­gi­naux dans la socié­té. Ils s’éloignaient des plai­sirs du monde dans les­quels la plu­part des gens cherchent leur joie. Ils ne par­ti­ci­paient pas aux fes­ti­vals publics, aux jeux, aux com­pé­ti­tions spor­tives et aux rituels reli­gieux. A la place, ils exhor­taient les gens à se repen­tir de leur vie de pécheur. Ain­si ils sus­ci­taient l’inimitié du public. De ter­ribles rumeurs étaient répan­dues à leur sujet. En période de per­sé­cu­tion de l’État, beau­coup étaient condam­nés sans aucune preuve d’injustice.

6. Qu’est-ce que cela signi­fie pour nous ?

La façon dont les pre­miers chré­tiens vivaient n’était pas une forme qu’ils s’étaient fixée. Ils ont fait une pro­fonde expé­rience de la grâce et du par­don de Dieu. Par gra­ti­tude pour le salut, ils ont par­ta­gé et don­né les uns aux autres leur vie quo­ti­dienne, leur temps libre, leurs dons et leurs capa­ci­tés, la joie, la souf­france, l’argent et les biens, tout ce qui fait la vie. Ils vou­laient s’entraider de toutes les manières pos­sibles pour res­ter fidèles dans la vie pour Dieu. Ain­si, en tant que dis­ciples de Jésus, ils vou­laient suivre sa dévo­tion, comme l’exprime éga­le­ment l’apôtre Jean :

Nous avons connu l’amour, en ce qu’il a don­né sa vie pour nous ; nous aus­si, nous devons don­ner notre vie pour les frères… (1 Jean 3:16)

L’amour fra­ter­nel des chré­tiens les uns pour les autres était une expres­sion de leur amour pour Dieu. Jean écrit cela clai­re­ment et simplement :

Pour nous, nous l’aimons, parce qu’il nous a aimés le pre­mier. Si quelqu’un dit : J’aime Dieu, et qu’il haïsse son frère, c’est un men­teur ; car celui qui n’aime pas son frère qu’il voit, com­ment peut-il aimer Dieu qu’il ne voit pas ? Et nous avons de lui ce com­man­de­ment : que celui qui aime Dieu aime aus­si son frère. … (1 Jean 4:19–21)

Cela est éga­le­ment vrai aujourd’hui pour tous ceux qui veulent suivre Jésus, c’est-à-dire qui veulent être chré­tiens. C’est une grande décep­tion de pen­ser qu’être chré­tien n’est qu’une rela­tion entre Dieu et moi, com­bi­née avec des visites (occa­sion­nelles) à des évé­ne­ments. L’épouse du Christ est l’église, et non le chré­tien indi­vi­duel. L’Église est éga­le­ment dési­gnée dans la Bible comme le Corps du Christ. Jésus est le chef par lequel tous les membres doivent être unis. Il les guide dans leur ser­vice com­mun à Dieu (Éphé­siens 4:15–16).

Avec notre vie com­mu­nau­taire, nous vou­lons témoi­gner de la puis­sance trans­for­ma­trice de Dieu et encou­ra­ger à ne pas avoir trop peu de foi et à dou­ter qu’il soit encore pos­sible de vivre ain­si aujourd’hui.

Nous avons fait l’ex­pé­rience qu’il est pos­sible de suivre Jésus comme nous le voyons dans l’exemple des pre­miers chré­tiens. Nous t’in­vi­tons à le faire ensemble. Cette vie com­mune est très enri­chis­sante, mais elle est aus­si néces­saire pour gran­dir dans les vraies ver­tus : dans l’hu­mi­li­té et une atti­tude dés­in­té­res­sée, dans le renon­ce­ment à soi-même et le dévoue­ment, dans la dou­ceur et la patience, dans le fait d’es­ti­mer l’autre plus que soi-même, de renon­cer à son propre avan­tage et de cher­cher le meilleur pour son pro­chain. Non seule­ment nous voyons com­ment Jésus peut nous rendre capables de tout cela, mais nous com­pre­nons aus­si beau­coup plus pro­fon­dé­ment son dévoue­ment et son amour pour nous. Cela contri­bue à aug­men­ter notre louange et notre gra­ti­tude envers lui.

Bien-aimés, aimons nous les uns les autres ; car l’amour est de Dieu, et qui­conque aime est né de Dieu et connaît Dieu. Celui qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est amour. L’amour de Dieu a été mani­fes­té envers nous en ce que Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde, afin que nous vivions par lui. (…) Bien-aimés, si Dieu nous a ain­si aimés, nous devons aus­si nous aimer les uns les autres. Per­sonne n’a jamais vu Dieu ; si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, et son amour est par­fait en nous. (1 Jean 4:7–9 et 11–12)



Jean 13:34-35 (Jean 13:34-35)